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République du Congo en 2004

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Contexte


La République Démocratique du Congo et la Belgique sont unis par des liens historiques, économiques et culturels exceptionnels. Depuis une dizaine d'années, ce géant de l'Afrique a traversé des secousses dramatiques réduisant considérablement le niveau de vie des populations urbaines et rurales. L'indicateur de développement humain (2004) place en effet la RDC au 168ème rang sur 177 pays. La mortalité infantile est de 205 pour mille enfants, l'espérance de vie est de 41 ans.  Le revenu moyen quotidien par personne était en 2001 de moins de 2 USD.

Le délabrement des structures étatiques a entraîné la disparition de la fonction de service public : l'Etat n'étant pas en mesure d'assurer les services qu'une population est en droit d'attendre (santé, éducation, justice,&), la situation sociale s'est ainsi largement dégradée au fil des ans.

La volonté des autorités fédérales belges, d'être à nouveau présente en Afrique centrale et la normalisation politique apparue en RDC avec la signature de l'Accord dit de Sun City, ont accéléré la reprise d'une coopération. Celle-ci a tout d'abord été conçue comme une aide d'urgence au vu des besoins énormes d'une population faisant désormais partie des plus dépourvues de la planète.

Les premières orientations de la coopération APEFE avec la République Démocratique du Congo remontent à l'année 2000, où plusieurs missions d'identification se sont rendues à Kinshasa. L'ouverture d'un bureau de coordination APEFE en avril 2001, a permis le démarrage effectif de premières interventions.
Un Accord de coopération relatif à la mise à disposition de ressources humaines signé le 8 octobre 2001 a consolidé ces relations.
En 2004, douze interventions ont été exécutées par l'APEFE.

Se concentrant dans un premier temps sur le renforcement d'institutions centrales, l'APEFE tend maintenant à s'élargir aux structures périphériques, dupliquant certaines initiatives pilotes à une échelle provinciale voire nationale. Par la présence historique de l'APEFE auprès de l'Université de Lubumbashi, la province du Katanga constitue d'ores et déjà, un second pôle d'intervention après celui de Kinshasa et du Bas-Congo.

Il n'est pas exclu qu'un troisième pôle géographique d'intervention soit appréhendé au cours de 2005. La ville de Kisangani pourrait ainsi constituer le troisième angle d'un triangle géostratégique.

Projets et interventions


Les interventions sont regroupées au sein de quatre secteurs prioritaires : éducation, santé, gouvernement et société civile et industries manufacturières. Un programme assez riche d'interventions a été identifié ou instruit en 2004 dans le respect des choix des secteurs prioritaires.
 

2.1. Education : équipement scolaire et formation


2.1.1. Accès du Centre de Documentation de l'Enseignement Supérieur et de la recherche de Kinshasa (CEDESURK) aux nouvelles technologies de l'information (NTIC) et appui méthodologique au Campus numérique francophone (CNF) de Kinshasa

Le pays compte actuellement un nombre élevé d'établissements d'enseignement supérieur et universitaire (46 établissements agréés et 72 autorisés). L'accès au savoir est difficile et coûteux en RDC et les élites congolaises ont accumulé un retard considérable en matière d'information et de documentation. Ces établissements sont généralement dépourvus de bibliothèques récentes et d'équipements en nouvelles technologies (NTIC).

Dans ce contexte, l'installation de structures qui fédèrent les établissements universitaires et supérieurs autour d'un projet commun d'accès à l'information et proposent des formations, constitue un apport hautement apprécié  pour le renforcement de la qualité de la formation des cadres. Bénéficiant du financement et de l'appui de la Communauté Wallonnie  Bruxelles, la Commission Interuniversitaire Francophone (CIF) et l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), le CEDESURK et le Campus Numérique Francophone (CNF) constituent une première en RDC, notamment par le recours important et novateur qui y est fait aux NTIC. L'accès aux NTIC permettra aux générations actuelles de se familiariser à l'utilisation de ces nouvelles techniques peu onéreuses, assurant une mise à jour permanente de l'état des connaissances.

En synergie avec le CGRI et la CUD, L'APEFE apporte un appui significatif en expertise aux activités du CEDESURK et du CNF de l'AUF ; Depuis la mise en place de ces deux structures complémentaires, fin 2002, deux coopérants ont été affectés pour apporter un renforcement spécifique : l'un sur les aspects organisationnels et de gestion du réseau informatique ; l'autre sur ceux relatifs au développement des activités du Campus Numérique.

Après la mise en place et la gestion du réseau informatique du CEDESURK et du CNF en 2003, l'intervention a eu pour ambition en 2004, de faire du CEDESURK un lieu de formation permettant de développer des compétences en NTIC, au sein des établissements d'enseignement et de recherche. Les formations sont axées tant sur leur utilisation que sur l'utilisation des différents systèmes opératoires, en mettant l'accent sur les logiciels libres, fiables et gratuits. Des formations ont été assurées pour le monde académique, des organismes publics et entreprises privées.


2.1.2 Aide à la réinsertion des enfants des rues de Kinshasa

La population des « enfants des rues » estimée à 15.000 à Kinshasa, stigmate majeur de la déliquescence des structures publiques et des liens familiaux traditionnels, constitue une menace croissante pour la sécurité urbaine et l'équilibre social. La Croix-Rouge est présente sur le terrain car aucun programme national ne propose de réinsertion socio-économique des enfants des rues, même si la situation est bien connue des autorités qui la considèrent, selon l'expression consacrée, comme une « bombe à retardement » pour l'équilibre social et la sécurité des populations urbaines du Congo.

L'intervention des Croix-Rouge belge et congolaise en faveur de cette cause, est reconnue par les autorités locales, principalement le Ministère de la Santé. Les enfants sont identifiés, formés et réinsérés dans leur famille. L'apprentissage d'un métier permet aux jeunes de trouver un rôle au sein de la société et donc, de s'intégrer. Pari difficile à tenir que celui de donner en six mois un bagage professionnel suffisant pour réussir une insertion socioprofessionnelle. Il s'est avéré indispensable de garantir à cette formation un rendement maximum.

L'intervention APEFE s'inscrit dans le contexte de celle de la Croix-Rouge et consiste en un appui à la conception et à la mise en Suvre de formations professionnelles adaptées à ces jeunes, notamment par l'organisation de stages en entreprises. Un travail d'évaluation est mené afin d'arriver à une progression des apprentissages qui soit la plus efficace possible. Les formateurs sont appuyés tant sur le plan pédagogique, que pour la mise en place de procédures de gestion des ressources matérielles (pour les formateurs) et des ressources humaines (pour le staff du projet).

Conformément à la programmation, cette intervention s'est terminée en août 2004. Il est à noter comme effet induit positif, qu'elle a permis l'instruction de nouvelles interventions amplifiant et démultipliant les effets de la première  à une échelle plus structurante. Elle a servi notamment de base à une nouvelle intervention en faveur de centres de formation professionnelle relevant du Ministère des Affaires sociales et du Ministère de la Jeunesse, destinés aux jeunes non scolarisés.


2.1.3  Appui à la restructuration des Centres de Formation professionnelle (CFP) du Ministère de la Jeunesse et des Sports

Finalisé en juillet 2004, suite à une mission d'instruction organisée selon les procédures participatives de l'APEFE, le projet possède un caractère expérimental qu'il est nécessaire de souligner. Il implique, en effet, de profondes modifications dans les programmes des cours, la durée des formations et l'organisation générale des Centres de Formation Professionnelle, relevant du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

L'intervention consiste à organiser des sections professionnelles pilotes dans les Centres de Formation Professionnelle du Ministère de la jeunesse à Kinshasa. Les formations devront pouvoir être exclusivement axées sur la pratique professionnelle. Leur but est de fournir aux élèves un maximum de compétences professionnelles sur une période courte. Ces formations seront complétées par un stage en entreprise.

De l'équipement scolaire, du matériel didactique et de l'outillage collectif seront fournis. La gestion administrative et financière des centres sera restructurée, clarifiée et des activités génératrices de revenus seront organisées pour assurer le financement partiel des sections.

Dans le cadre de la définition de programmes cohérents et adaptés aux spécificités d'un enseignement professionnel accéléré, les professeurs de pratique professionnelle suivront des sessions de recyclage et de perfectionnement. Ces sessions seront de préférence organisées par des organismes locaux.

L'intervention est une action pilote qui permettra de tester et d'évaluer la pertinence et l'efficacité du modèle proposé et pourra être réorientée en cours d'exécution en fonction des leçons tirées de l'expérience. Avant de se diffuser plus largement, l'intervention démarrée fin 2004 se focalise sur la réforme du CFP de Bandalungwa.


2.1.4  Création d'une unité de formation technique au sein de l'Institut Supérieur Pédagogique Technique de Kinshasa ( ISPT Kin) grâce aux NTIC

La formation technique et professionnelle occupe une place centrale dans les politiques éducatives des pays en voie de développement.  La forte croissance démographique ne permet pas toujours aux jeunes d'être formés ou de s'intégrer à la dynamique sociale et économique, alors que la relance économique et la reconstruction nationale développent de nouvelles opportunités d'emplois pour une main d'Suvre de qualité.

La présente intervention vise la remise à niveau des compétences et des moyens didactiques de l'Institut Supérieur Pédagogique Technique (ISPT) de Kinshasa, centre d'excellence en RDC créé pour assurer la formation des enseignants des lycées techniques. 

Mais avec la rupture des liens de coopération au début des années 90, l'ISPT n'a pas pu suivre de près l'évolution des sciences et techniques et avait notamment un urgent besoin d'une salle d'informatique permettant l'enseignement de diverses disciplines techniques au départ de logiciels modernes. Une salle de 8 PC en réseau  a été installée en 2004. Du matériel didactique faisant appel aux derniers développements de la technologie a également été fourni pour moderniser les enseignements. Les logiciels techniques utilisés dans les formations sont ceux qui sont utilisés en Communauté française de Belgique. Les programmes seront également revisités et actualisés. L'intervention a permis également un renforcement documentaire de l'institution en la raccordant à l'INTERNET et en prenant en charge pendant deux ans les frais d'abonnement ainsi que les frais de fonctionnement de la salle d'informatique.

Sur cette base, les compétences des enseignants doivent simultanément être renforcées pour intégrer rapidement ce type de support didactique au sein de leurs propres cours.  Ils bénéficient donc  d'un programme de mise à niveau exécuté sous la forme de missions de courte durée d'experts de Wallonie-Bruxelles. En 2004, des missions de formation de courte durée : une formation au dessin assisté par ordinateur (DAO) et une formation en automatisme et pneumatique a été organisée au profit des professeurs de l'ISPT, ainsi qu'aux enseignants de l'ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliquées).


2.1.5 Appui à l'enseignement technique et professionnel en collaboration avec le Coopération Technique Belge (CTB)

Les écoles techniques en RDC sont dans un état catastrophique. L'effondrement économique du pays a fait que le budget imparti à l'éducation est tombé de 30% en 1960, à 2% en 2004 qui ne représentent que la masse salariale car on relève aussi une absence quasi totale d'investissement. Cette diminution a entraîné une perte de qualité, aggravée par un accroissement des effectifs à scolariser (continu jusqu'en 1990) d'une part et une formation de plus en plus approximative des enseignants d'autre part.
Ceux-ci, sont démotivés, par un surcroît de charges ou un manque de formation continue, et le plus souvent sous qualifiés. La fonction n'attire plus que la frange la moins dynamique du marché. De plus, les bâtiments ne sont plus entretenus, le matériel est obsolète ou démoli. 
 
Le renforcement de l'Enseignement Technique et Professionnel constitue une priorité pour le Gouvernement congolais. La première phase de l'intervention conjuguant les efforts de l'APEFE et de la CTB, s'est terminée le 31 mars 2004 et avait pour ambition d'assurer des modes de gestion durable dans des établissements pilotes au sein de 5 provinces. Sur base du document d'identification publié en août 2004, l'APEFE et la CTB collaboreront, au cours du premier trimestre 2005, à la formulation et au démarrage de la seconde phase qui vise une extension de l'intervention à tout le territoire national.

Le partenariat CTB-APEFE permet d'améliorer la qualité de l'enseignement en fournissant des équipements (CTB) et un matériel didactique appropriés, ainsi qu'en organisant le recyclage des enseignants à travers des missions APEFE de courte durée. Pour les recyclages, les filières suivantes sont reconnues comme prioritaires : la mécanique, l'électricité, la construction, la coupe couture, le commerce et les activités administratives.


2.1.6. Dynamisation et pérennisation  du projet AIF-FPT en valorisant les  ressources endogènes

Réhabiliter les systèmes de Formation Professionnelle et Technique (FPT) et améliorer leur qualité de formation d'une main d'Suvre qualifiée, est indispensable à un fonctionnement plus efficace des économies locales.

La promotion d'échange d'expériences réussies en matière de FPT entre pays de la même région contribue à une meilleure réponse au marché du travail. Or, ces échanges sont encore quasi absents dans la région de l'Afrique centrale et ne font pas l'objet d'une stratégie entre les pays. En conséquence, l'Agence Intergouvernemental de la Francophonie(AIF) a entrepris la mise en place d'un dispositif de partenariats inter états reliant 10 pays francophones d'Afrique Centrale: Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Madagascar, République Démocratique du Congo, Rwanda, Tchad. 

Au sein du dispositif de partenariats, l'objectif de l'intervention APEFE est de pérenniser un processus de rencontre et de dialogue entre répondants nationaux. Ceci implique que l'ensemble des répondants et leur équipe maîtrisent les outils d'ingénierie de projet qui leur permettent d'organiser, de construire et de conduire des réunions productives et de se servir de la Banque des savoirs francophones (BSF) mise en place par l'AIF pour communiquer et s'informer.

Depuis l'arrivée du coopérant en 2004, une mise à niveau des correspondants nationaux en matière d'approche par compétences a pu être menée ainsi qu'une familiarisation à l'utilisation de la BSF. Assurer un transfert de compétences en ingénierie de projet permettra aux répondants nationaux d'organiser et de mettre en Suvre les activités de partenariat.


2.2 Santé


2.2.1 Renforcement de la formation de base des infirmier(e)s des Instituts Techniques Médicaux (ITM) et Instituts d'Enseignement Médicaux (IEM) par l'utilisation des NTIC

Dans le cadre de la décentralisation et de l'appui global aux Zones de santé, l'amélioration des soins de santé de base est prioritaire. Or, l'enseignement technique médical de niveau secondaire se révèle assez faible, tant  au niveau des infrastructures que des méthodes pédagogiques utilisées. Les documents actualisés font défaut. Les supports de cours sont inexistants.  La craie et le recopiage du tableau noir sont généralement la seule et unique méthode pédagogique. Le Ministère congolais de la Santé a sollicité une aide de l'APEFE en formation du personnel de santé.

Une intervention a démarré en 2001 avec trois écoles pilotes. Formulée avec les partenaires locaux, elle vise à  développer qualitativement la formation des infirmiers A2, ceux-ci jouant un rôle central dans la pratique de soins de santé primaires car ils sont le premier contact des populations avec le système sanitaire. Son objectif est à la fois de diffuser un enseignement de qualité en sciences de santé et de renforcer les écoles sélectionnées, tant sur le plan matériel (équipement didactique) qu'en compétences pédagogiques. Sur les plans pédagogique et technique, l'intervention bénéficie de l'encadrement de l'ASBL bruxelloise AREA-SANTE et de l'expertise de l'Institution Supérieure Infirmier (ISEI) de la Haute Ecole Léonard de Vinci (UCL).

Les écoles pilotes ont été équipées d'une salle d'informatique permettant l'accès à la documentation par l'utilisation du multimédia. Cet équipement a permis la création de documents didactiques adaptés au contexte local. Les enseignants de ces écoles ont reçu une formation en informatique et en méthodes pédagogiques actives. La VIème Direction du Ministère de la Santé équipée et formée elle aussi, supervise le projet et relaie les innovations apportées à un niveau supérieur, celui de la réforme des programmes.

La dynamique de la VIème Direction a débouché sur la création d'une Cellule de Recherche en Formation en Sciences de la Santé (CREFSS) qui a pour ambition d'animer la réflexion sur la formation médicale dans la perspective d'une actualisation des contenus et des méthodes.

La phase du projet, qui s'est déroulée au cours de l'année 2004, correspond prioritairement au développement de l'axe stratégique institutionnel: la réforme du programme de l'enseignement infirmiers se réfèrent à  l'approche par compétences. Quatre ateliers de deux semaines ont ainsi été menés réunissant des représentants des 11 provinces du pays. Au terme de l'année 2004, un référentiel de compétences validé et finalisé existe, ainsi qu'un référentiel de formation pour la première année, non encore validé et finalisé.

En parallèle, un travail de partenariat en faveur d'une formation aux pédagogies actives d'enseignants dans différents ITM (Instituts Techniques Médicaux) du pays, acteurs directs de la réforme, est mené avec l'aide de la CREFSS et de la VIème Direction.


2.2.2  Renforcement de la formation de base des infirmier(e)s A2 du Katanga

Les Autorités congolaises ont souhaité élargir l'initiative de renforcement de la Formation de base des infirmières à d'autres Provinces de la RDC. Cet élargissement a commencé par le Katanga. La zone de santé concernée, dont les établissements de santé sont dans un grave état de délabrement, bénéficie de financements de la Banque Mondiale gérés par l'ONG Médicus Mundi permettant notamment une réhabilitation de certaines écoles.

L'intervention a couvert, en 2004, les étapes liées aux investissements nécessaires.  Les infrastructures de deux ITM de Lubumbashi ont été réhabilitées afin d'assurer l'utilisation et la protection suffisantes d'équipements informatiques ; dans chaque école, une salle a été équipée pour permettre de dispenser un enseignement utilisant l'informatique comme outil didactique.
La coordination provinciale de la VIème Direction a été renforcée afin de pouvoir assurer son rôle de suivi et d'évaluation.

Au cours de l'année 2005, l'APEFE pourvoira au déroulement des formations aux pédagogies actives et à l'informatique.  Ces formations seront exécutées par l'expertise locale (CREFSS). Un encadrement des directions et des formateurs ainsi que le suivi des formations sera assuré par la Coordination provinciale de la VIème Direction en synergie avec les initiatives de réforme prises eu niveau central.


2.2.3  Appui au Programme Nationale de Lutte contre la Tuberculose (PNLT)

La tuberculose est un des problèmes de santé publique majeurs en RDC. Classée en termes de priorités par le ministère de la Santé, juste après le VIH/Sida et le paludisme, cette maladie infectieuse fait l'objet depuis 2001, d'un Programme National spécifique, le PNLT. Le Programme National de Lutte contre la Tuberculose ne dispose pas de modules de formation du personnel de santé de différentes catégories (médecins, infirmiers, techniciens de laboratoire) adaptés aux réalités du pays et la faiblesse des formations initiales renforce le déficit en savoir-faire. C'est pourquoi la création de modules de formation décrivant les méthodes et techniques pour tous les sujets a été décidée.

Cette intervention apporte un renforcement durable des connaissances et du savoir-faire des agents de terrain en matière de prise en charge de la tuberculose. Des outils de formation sont élaborés et présentés aux formateurs du PNLT ; ceux-ci testent dans leur pratique professionnelle et à partir de leurs remarques et les adaptations nécessaires sont faites. L'intervention vise aussi le renforcement du processus de formation initiale au sein des ITM. Elle renforcera notamment le module consacré à l'enseignement de la lutte contre la tuberculose.

La coopérante APEFE affectée à cette intervention, a pris directement part aux formations qui se sont données dans le cadre du PNLT à Kinshasa, dans le Katanga, le Bas Congo, le Kasaï et le Kivu. Sur cette base, elle a identifié les modules de formation à produire et s'est attelée à cette tâche.  En 2004, elle a démarré un travail pédagogique avec les enseignants des ITM afin de développer le volet réservé à la tuberculose dans la formation des infirmiers et infirmières A2. Elle a également participé aux actions de mobilisation sociale et apporté son expertise notamment dans la réalisation des différents supports utilisés dans les campagnes de sensibilisation contre la tuberculose. La Fondation Damien, membre du Comité de pilotage du projet, met à la disposition de la coopérante, un bureau et la documentation scientifique et technique sur le sujet.


2.2.4  Appui au Centre National de la Transfusion Sanguine (CNTS)

Le paludisme, la malnutrition, la drépanocytose sont les facteurs principaux déclenchant l'anémie entraînant le recours à la transfusion. Dans 75% des cas, ce sont les enfants qui en sont bénéficiaires et dans 15%, les femmes enceintes. La plupart du temps, ces transfusions sont réalisées en urgence. L'insuffisance des stocks entrave la sécurité transfusionnelle ; un recours aux donneurs occasionnels est souvent la seule solution. Celle-ci comporte le risque de transfuser du sang dont la qualification biologique n'est pas totalement garantie. Les risques de transmission des maladies infectieuses (dont le VIH/SIDA) et de complications immuno-hématologiques post transfusionnelles sont donc élevés.

A Kinshasa, environ 10% du sang transfusé proviennent de donneurs bénévoles et les structures médicales sont régulièrement en rupture de stock de produits sanguins. Fidéliser les donneurs bénévoles de sang à Kinshasa, permettrait l'amélioration de la sécurité transfusionnelle en réduisant considérablement le risque de transmission du VIH. Il permettrait aussi d'avoir des stocks. L'objectif recherché par l'intervention APEFE, est de contribuer à l'augmentation du nombre de donneurs bénévoles provenant de communautés à faible risque de transmission du VIH et de les fidéliser.

L'APEFE a donc entamé, en 2004, une intervention d'appui au Centre National de la Transfusion Sanguine (CNTS). Cette structure dispose d'une Direction «Gestion des donneurs et counselling» avec une cellule « promotion du don de sang » qui sera renforcée par l'intervention

La coopérante affectée au projet a comme priorité de développer une approche socio anthropologique du don de sang. Elle a identifié les groupes de donneurs potentiels vis-à-vis desquels l'action de sensibilisation doit s'intensifier. Pour augmenter le nombre de donneurs sains fidélisés, les experts de la CNTS ont été formés dans le domaine du recrutement et de la fidélisation des donneurs de sang. Des campagnes de sensibilisation et de recrutement ont été menées via des associations de donneurs qui ont été structurellement appuyées.

Une évaluation menée fin 2004, a permis de cadrer l'intervention au plus près des préoccupations de l'équipe dirigeante du CNTS. Forte de l'expérience de l'équipe APEFE au Bénin, des pistes de réflexions pour le renforcement institutionnel du CNTS se sont dessinées et des échanges de techniciens entre le Bénin et la RD Congo seront menés dès 2005.


2.2.5  Appui à la Chaire UNESCO en Santé publique et Communication sociale de l'Université de Lubumbashi

La République Démocratique du Congo est confrontée à de graves problèmes de santé publique: épidémies de choléra, rougeole, méningites, poliomyélite ; accroissement de la prévalence du SIDA et des infections sexuellement transmissibles, voire la réémergence de certaines maladies comme la trypanosomiase, l'onchocercose, la tuberculose ou la lèpre. Le personnel local de santé formé ou recyclé manque de données épidémiologiques fiables, ce qui handicape la mise en place de toute politique de santé efficace.

Créée en 1998, suite à un accord de partenariat entre l'UNESCO et l'Université de Lubumbashi (UNILU), la Chaire UNESCO s'inscrit dans la volonté nationale de renforcement des compétences épidémiologiques. En relation avec la Faculté de médecine de l'UNILU, elle propose un cursus de formation aux personnels de santé chargés de la surveillance épidémiologique spécifique au contexte de l'Afrique centrale.

L'intervention APEFE, en liaison avec la formation d'infirmières au Katanga, a contribué à la formation de compétences à même de participer à un réseau de veille épidémiologique. Prévue à l'origine au niveau de la Chaire UNESCO, il est apparu rapidement la nécessité d'étendre les actions de renforcement pédagogique à la Faculté de médecine de l'UNILU et à l'Institut Supérieur de Techniques médicales (ISTM) de Lubumbashi. L'ISTM forme les infirmiers de niveau A1 où 80 étudiants bénéficient de l'intervention dans leur formation initiale.


2.3. Gouvernement et société civile : liberté de l'information


2.3.1 Renforcement structurel de la production des radios et de la RadioTélévision Nationale Congolaise (RTNC) par une formation à la production et à la scénarisation.

Comme ailleurs sur le continent africain, le fossé technologique qui se creuse en RDC face aux technologies nouvelles, est immense. Les retards accumulés bouleversent les méthodes de travail et pénalisent le développement du pays.

Des formations « in situ », avec des encadreurs de haut niveau du Nord et du Sud, permettent de développer une stratégie durable pour améliorer la production et la programmation de la RTNC, service public. Elles ont pour objectif de développer une radio et une télévision de proximité à l'écoute des Congolais, de mettre en valeur le patrimoine culturel et musical du pays et de fidéliser la chaîne par des programmes et une information libre.

Avec le CIRTEF et le soutien de RFI, l'APEFE a entrepris un programme de formation des agents de la RTNC. Une formation de « Journalistes Reporters d'Images » a été assurée à l'Institut Congolais de l'Audiovisuel (ICA) en mai 2004. Elle a été suivie par des journalistes du Congo Brazzaville, Tchad, Cameroun, République Centrafricaine.
L'échéance d'application de cette formation est notamment de donner une préparation journalistique et technique en vue des prochaines élections (locales, législatives et présidentielles). La réalisation de missions de courte durée devrait renforcer rapidement la RTNC dans le cadre des élections prochaines. Elles pourraient aussi constituer si nécessaire la phase de démarrage d'une intervention plus longue.


2.3.2  Renforcement des compétences des professionnels de la presse écrite

Si une quinzaine de publications paraissent de manière régulière à Kinshasa, elles ont un très faible tirage et restent de qualités graphique et journalistique souvent insuffisantes. La presse kinoise n'est lue que par une infime partie des 7 millions de Kinois, mais elle a un impact considérable sur les décideurs et est utile aux partenaires étrangers. Elle a une part active au débat politique et contribue à l'instauration de la démocratie, son développement  est prioritaire dans le processus de restauration de l'Etat.

La jeune presse écrite privée congolaise éprouve de profonds besoins en matière de formation dans des domaines précis tels que le secrétariat de rédaction, le graphisme et la mise en page, la gestion d'un site web, l'organisation d'un service commercial&. et peu de partenaires ont pu jusqu'ici leur apporter un soutien.

Le recours à l'organisation de séminaires a montré ses limites pour arriver à changer des pratiques inadaptées. En collaboration avec l'Institut Facultaire des Sciences de l'Information et de la Communication (IFASIC), l'université Catholique de kinshasa, l'Agence International de la Francophonie (AIF) et l'APEFE ont donc envisagé un nouveau mode d'intervention, consistant à mettre les professionnels locaux autour d'un thème précis. En présence d'un expert professionnel, ce dernier est intégré au sein des équipes rédactionnelles avec lesquelles il participe à la vie de l'entreprise de presse. Le projet comprend ainsi cinq interventions étalées sur cinq ans et touchant les domaines suivant : le secrétariat de rédaction ; les services commerciaux et le management ; la photographie de presse ; le sites web du journal ; la direction de rédaction.

L'objectif spécifique stratégique mené au cours de l'année 2004 a été de renforcer les capacités managériales des entreprises de presse. L'intervention a jusqu'ici essentiellement concerné la presse kinoise (huit titres), mais une extension a été identifiée sur Lubumbashi et deux journaux de Brazzaville ont également reçu l'appui du formateur. 


2.4. Industries manufacturières : renforcement des PME


2.4.1.  Renforcement des PME kinoises du secteur de la production et de la transformation alimentaire

Le dynamisme des entrepreneurs congolais a permis le maintien d'une activité économique malgré un contexte difficile. La plupart des entreprises sont plus ou moins informelles, et leurs dirigeants n'ont aucune formation spécifique. Cet état de fait limite l'extension possible de leurs activités et un développement réel du secteur. Des structures d'encadrement des PME proposent divers services aux entreprises et entrepreneurs (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises du Congo (COPEMECO), Fédération des Entreprises du Congo (FEC), CADICEC..). 

Le projet d'appui au fonctionnement des PME kinoises a été défini grâce à un atelier participatif mené avec l'OPEC, Office de Promotion des Entreprises Congolaises, institution publique dépendant du Ministère de l'Industrie, du Commerce, des PME et de l'Artisanat. Quatre axes d'une stratégie de renforcement des PME ont été dégagés: la gestion et le management ; la qualité et conditionnement des produits ; la recherche de structures de micro-crédits et la formation professionnelle. Cette stratégie cible dans un premier temps  renforcement des petites, moyennes et micro-entreprises de Kinshasa du secteur de la production et de la transformation alimentaires, pour lesquels des perspectives de développement se révèlent intéressantes

L'ensemble des activités du projet concourt à la formation des promoteurs et du personnel d'entreprises déjà actifs dans le tissu économique kinois. La gestion opérationnelle du projet est confiée à une cellule de coordination constituée d'un coopérant et d'un représentant de l'OPEC.  Ces personnes sont responsables de la bonne exécution des activités (formation à la gestion, au management et à l'amélioration de la qualité des produits, appui en matière d'accès au crédit et à l'approvisionnement des entreprises en équipement).

Les formations sont dispensées par des formateurs locaux indépendants.  Elles sont organisées avec l'appui des organismes existants spécialisés dans ces domaines.  Ceux-ci se sont réunis en une plate-forme constituée pour formuler des avis techniques et pédagogiques sur les activités de formation.  Cette plate-forme créera des synergies entre les organismes du secteur et permettra l'exécution optimale des activités de l'intervention.

Démarré en septembre 2004, le projet est mené  en partenariat avec l'IFAPME (Institut de Formation en Alternance des Indépendants et Petites et Moyennes Entreprises et de l'Artisanat). L'institut propose des experts pour assurer les renforcements nécessaires pour les formateurs, notamment en gestion.


2.4.2. Mise en place d'une Structure  d'Appui Technique (SAT) au renforcement des capacités de gestion et de production des PME congolaises

L'absence d'un tissu entrepreneurial diversifié et moderne, bloque considérablement les possibilités de développement de la RDC et freine à la mise en Suvre d'une politique efficace de lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités. La promotion du secteur privé comme fondement de la stratégie de croissance de ces pays permettrait de remédier à ce handicap structurel. Parmi les axes prioritaires des programmes du gouvernement et des bailleurs de fonds, la promotion de l'emploi et la création de revenus durables grâce à la création d'un environnement propice à l'activité du secteur privé figurent en bonne place, de même que la valorisation et la formation des ressources humaines locales. Le renforcement des capacités des acteurs économiques  (en particulier dans le secteur de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche&) s'avère tout aussi indispensable.

En 2004, l'intervention APEFE a consisté à aider des entrepreneurs porteurs de projets de création, d'extension, de diversification et de réhabilitation d'unités productives, à accéder à des services d'appui et de conseils diversifiés (assistance technique, formation, assistance gestion, etc.). La synergie avec l'intervention 2.3.1 permet d'organiser des séminaires sur les besoins et les potentialités de développement du secteur de l'énergie, de l'eau et de l'environnement. Ces manifestations s'accompagnent de rencontres entre opérateurs congolais et wallons relevant de ces secteurs. Elles sont menées en étroite collaboration avec les organismes et institutions congolaises d'appui et d'encadrement des entreprises des différents secteurs, et les administrations publiques locales compétentes.  

L'APEFE, le Centre pour le Développement de l'Entreprise (le CDE est une institution paritaire Union Européenne-pays ACP) et  l'AWEX ont uni leurs compétences pour mettre en place une Structure d'Appui Technique (SAT). Cette initiative complète et renforce le projet d'appui à l'OPEC (voir intervention 2.3.1.). Cette structure d'appui s'intègre à un programme d'action plus vaste qui va de l'identification de projets entreprenariaux dans les pays d'intervention, à l'identification de sociétés partenaires wallonnes, l'instruction des demandes d'assistance à introduire auprès du CDE et de l'AWEX, le financement de l'assistance, le suivi de la mise en Suvre et l'évaluation.

Coordination


En 2004, douze interventions ont été exécutées par l'APEFE.
Neuf coopérants ont été présents sur le terrain dans le cadre de missions de longue durée auxquels s'ajoutent six coopérants affectés au sein des Ecoles à Programme belge de Kinshasa et de Lubumbashi.
Trois appuis ont été exécutés sous forme de missions d'expertise de courte durée, soutenues par un apport en matériel.
Trois nouvelles interventions formulées en cours d'année seront opérationnelles fin 2004, alors qu'une autre est venue à son terme conformément à la planification initiale.
Chaque intervention menée bénéficie systématiquement d'un budget d'appui et d'évaluation pour la prise en charge des investissements et des frais de fonctionnement jugés indispensables à l'atteinte des objectifs fixés. Des investissements matériels importants ont été réalisés en fin 2004 et l'importance des projets menés a nécessité, à ce jour, la création de sept comptes bancaires gérés par le Coordonnateur.

L'APEFE affirme aussi sa présence en dehors de Kinshasa. Plusieurs  interventions à Lubumbashi seront effectives en 2005, d'autres pourraient être appliquées au Kivu ou dans la Province orientale, au cours de l'année qui vient. L'extension géographique de l'action de l'APEFE implique de prendre toutes les dispositions pour garantir la sécurité des agents sur le terrain, dispositions d'autant plus nécessaires à l'approche des échéances électorales de l'année 2005.

Le Coordonnateur collabore étroitement avec le Délégué Wallonie-Bruxelles dans la recherche de cohérence et de synergies entre les actions mises en Suvre par les différentes structures de l'Espace International Wallonie/Bruxelles.  Le bureau APEFE est installé au sein de la Délégation Wallonie/Bruxelles qui occupe de nouveaux locaux depuis juillet 2004. Cette recherche de complémentarités nécessite une concertation avec divers bailleurs de fonds du secteur éducatif, des réunions de concertation avec les ONG belges du secteur de la santé,...  et l'organisation des réunions de Comités de suivi ou de pilotage.

Succès

En matière de formation professionnelle, l'APEFE a ciblé d'emblée son action en faveur des jeunes en difficulté. L'appui de deux ans au programme "Enfants des rues" de la Croix-Rouge de Belgique, en collaboration avec la Croix Rouge congolaise, a pris fin en août 2004. L'APEFE a souhaité poursuivre son action dans ce secteur en lui donnant une plus grande ampleur permettant une intervention davantage structurante en matière de formation professionnelle de jeunes non scolarisés.

Le Ministère de la Jeunesse et des Sports est le partenaire local.  Ce Ministère gère en effet des Centres de Formation Professionnelle qui nécessitent une restructuration fondamentale et un renforcement important afin de leur premettre d'assurer des formations de qualité en phase avec le marché de l'emploi local.

Démarre au dernier trimestre 2004, le projet possède un caractère expérimental qui implique, de profondes modifications dans les programmes des cours, la durée des formations et l'organisation générale des Centres de Formation Professionnelle. Une telle réforme est menée avec prudence pendant une durée estimée à quatre ans et demi. Elle est d'abord testée sur un nombre limité de centres et de filières (3 CPF à Kinshasa), avant d'être élargie à l'ensemble des Centres de Formation Professionnelle.  Le Ministère a pris des engagements clairs pour que les mesures identifiées pour une réforme plus globale de l'organisation de ces centres, soient prises.

Coordination

Dans ce contexte politique, la troisième commission mixte permettant le renouvellement d'un programme de travail entre la République d'Haïti et Wallonie-Bruxelles, initialement planifiée pour le printemps 2002, n'a toujours pas pu avoir lieu.  En conséquence, le coordonnateur s'est principalement attaché au suivi des interventions en cours.

Le coordonnateur APEFE, relais des institutions de Wallonie et de Bruxelles en Haïti, a organisé la seconde édition du «Festival de théâtre Quatre Chemins » à Port au Prince du 17 au 27 septembre 2004. L'opérateur culturel de Wallonie-Bruxelles, "La Charge du Rhinocéros" a été accueilli par le comité artistique du festival.

Succès

Pour pallier la faiblesse du système éducatif haïtien et plus spécifiquement, du système de formation professionnelle et technique, l'APEFE s'est engagée dans le secteur de la formation professionnelle, générateur d'emploi et de développement humain durable.

Cet engagement en formation professionnelle, propose et développe des stratégies nouvelles, notamment dans une approche par compétences et par l'introduction du système de formation en alternance. Il a également permis de créer un processus de concertation entre centres de formation et entreprises, qui n'existait pas encore et qui est semble-t-il un gage d'appropriation du projet par les partenaires locaux et par conséquent, le gage d'une pérennisation des acquis du programme.

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