Rwanda en 2004 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
10-03-2006

Contexte

Suite aux événements de 1994 qui ont eu un impact des plus importants sur les ressources humaines qualifiées du pays, le gouvernement rwandais s'est engagé dans une politique de réformes à court et moyen termes (Vision 2020, PRSP : Plan Stratégique de Réduction de la Pauvreté).
Le manque de personnes ressources, une démographie galopante et la quasi absence de structures industrielles (plus de 75% de la population est occupée dans une activité agricole de subsistance)  sont autant d'obstacles au bon développement du pays. Pour y faire face, le gouvernement rwandais a pris quelques résolutions dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Et si la situation n'est pas encore totalement stabilisée avec les pays de la sous région, la volonté politique de réconciliation nationale et le refus d'un renouvellement des événements tragiques de 1994 sont réels.

Présente depuis de nombreuses années au Rwanda, L'APEFE, inscrit ses interventions  dans les priorités des objectifs du gouvernement rwandais de lutte contre la pauvreté.
   
    Ses interventions portent sur :
  • la formation et l'insertion socioprofessionnelle des jeunes déscolarisés (de 13 à 24 ans) par
  • un apprentissage des métiers ;
  • la formation des futurs techniciens agro-vétérinaires ;
  • le renforcement des institutions tels que le ministère de l'éducation, celui de la santé et celui
  • de la formation professionnelle et des métiers ;
  • la formation du personnel de santé et plus spécifiquement des infirmières ;
  • le renforcement de la politique de décentralisation.

Elle apporte également  son concours à l'Ecole belge de Kigali

Douze coopérants étaient en poste au Rwanda en 2004.

Projets et interventions

2.1 Education : formation professionnelle

Appui aux Centres de formation de la Jeunesse (ACFJ)
   
Plus de 500 000 jeunes Rwandais sont en décrochage scolaire (enfants ayant abandonné l'école pour des raisons économiques et / ou familiales, enfants des rues, enfants démobilisés,&). Des structures d'encadrement et de formation de ces jeunes ont été mises en place par le gouvernement rwandais : les CFJ (Centre de Formation des Jeunes).
Sous la tutelle du ministère de l'Education, ils offrent une formation professionnelle de courte durée (une année) et pratique à ces jeunes en décrochage. Cette formation touche de nombreux domaines (agriculture, électricité, alimentation, coupe couture, menuiserie, mécanique auto, etc).

L'intervention de l'APEFE, démarrée en 1999 au sein de trois de ces CFJ, en est à sa phase II. Elle est soutenue par l'activité de six coopérants.

En 2004, elle était soutenue par l'activité de coopérants (qui sont au nombre de 6 en 2005)

    Ses objectifs principaux sont :
  • la formation en techniques professionnelles spécifiques, en pédagogie et en comptabilité de base de tous les formateurs des CFJ de la République et concernant les filières menuiserie, agri-élevage et maçonnerie ;
  • l'accompagnement des élèves par le développement d'une stratégie d'insertion socio professionnelle pour les lauréats des sections soutenues ;
  • un appui spécifique en structures et infrastructures plus particulier à trois CFJ : Gaculiro (Kigali), Nyanza et  Rwabuye (Butare) ;
  • la pérennisation par le développement d'activités productives ;
  • la pérennisation également par un appui au ministère via la création de modules de formation, leur validation et leur vulgarisation auprès de tous les CFJ du pays.

Le projet actuellement en cours consiste à consolider les actions pédagogiques précédemment menées et à prendre plus en considération les aspects liés à la gestion des activités de formation pratique.
Une attention particulière a été apportée à l'apport de procédures de gestion performantes et d'outils pédagogiques pouvant être utilisés dans tous les CFJ du pays.
Le projet a été évalué à mi-parcours en 2004. L'évaluation a été globalement positive et les remarques ont été prises en considération pour améliorer le cadre logique et affiner les interventions respectives.


2.2. Santé : appuis aux Ecoles de Sciences Infirmières (ESI)

La formation délivrée aux élèves infirmières est bien souvent limitée par une déficience en moyens et en matériel des écoles de santé. La qualité des soins et des services s'en ressent et a un impact direct sur la confiance de la population rwandaise en ses institutions de santé.
Différents ateliers participatifs préparatoires à l'intervention de l'APEFE, ont montré que l'amélioration des Soins de Santé Primaires (SSP) devrait s'appuyer tant sur le développement des capacités et des compétences en formation des enseignants et professionnels de la santé que sur un travail aux niveaux de l'institutionnel et de la formation de base

Deux interventions de l'APEFE ont permis de former des formateurs de sciences infirmières et de renforcer les compétences des encadreurs de stages au sein de deux Ecoles de Sciences Infirmières (ESI) de niveau A2 à Kabgayi et Rwamagana.  L'aide de ces deux coopérantes a également porté sur  l'appui aux travaux de la commission du conseil rwandais des infirmières et des sagesfemmes.  Ces interventions se sont clôturées et ont fait place à un projet davantage structurant à l'échelle nationale.

Au cours du second semestre 2004, un nouveau projet d'appui aux ESI a démarré en collaboration avec la CTB-BTC : celle-ci est responsable du soutien logistique et matériel, tandis que l'APEFE  apporte assistants techniques et experts internationaux.
   
Le projet devrait aboutir à la réalisation d'un nouveau Programme Stratégique National spécifique au secteur des infirmières et  à la mise en place progressive d'un dispositif de réforme des programmes grâce notamment à des missions ciblées d'expertise pédagogique. L'équipement minimum d'écoles pilotes est également envisagé.
   
   
2.3. Agriculture : éducation et formation dans le secteur agricole

Plus de 75% de la population rwandaise vit de l'agriculture. Atteindre la sécurité alimentaire et accroître les revenus des agriculteurs sont devenu les priorités nationales du gouvernement pour faire face à la croissance démographique et aux problèmes de production. Les interventions APEFE pour professionnaliser l'agriculture sont gérées par trois coopérants. Elles ont débuté en 2003, en complément de celles menées par Vétérinaires sans Frontières.

Le projet se développe sur deux axes complémentaires.  D'une part, il vise un renforcement institutionnel de MinEduc (Ministère de l'Education, de la Science, de la Recherche et de la Technologie) sur la gestion des formations techniques en agronomie et sciences vétérinaires (planification scolaire et suivi) ainsi que sur l'ajustement des programmes scolaires conformément à la politique nationale et aux réalités spécifiques des écoles agro-vétérinaires. A cet effet, un coopérant a été mis à disposition des services ministériels concernés. D'autre part, par le biais de deux coopérants, un appui particulier est donné à l'Ecole Agro-Vétérinaire de Kabutare (EAVK) en complémentarité avec les actions menées par Vétérinaires Sans frontières (VSF).  Il concerne un renforcement de la qualité de la formation théorique et pratique de la section agronomique de l'établissement ainsi que la mise en place d'une structure d'accompagnement à l'insertion socioprofessionnelle des diplômés.

L'évaluation à mi-parcours qui a eu lieu en 2004, a mis en exergue les améliorations à apporter au projet. Celles-ci ont été définies et le cadre logique du projet a été aménagé en conséquence.

La formation du personnel enseignant et l'apport de procédures de gestion pour l'EAVK,  mais aussi la finalisation des curriculums pour les sections agronomes et vétérinaires de toutes les EAV du pays se prolongeront en 2005.  Une réflexion sera également menée pour structurer, à l'échelle provinciale voire nationale, l'insertion socioprofessionnelle des diplômés.



2.4. Gouvernement et société civile : renforcement structurel de la Radio télévision rwandaise (ORINFOR)

Les enjeux en matière audiovisuelle sont d'autant plus importants que les pays d'Afrique des Grands Lacs s'attachent beaucoup à restaurer un climat de confiance et de paix civile. Dans ce cadre, il est important que les équipements puissent suivre l'évolution technologique. L'ORINFOR a acquis du matériel numérique qui nécessite des formations spécifiques qui ne peuvent être assurées par les écoles locales.

Coordination


Suite à une mission menée début 2004, un plan global de formation a été formulé avec l'appui du CIRTEF. Dans ce cadre, une première formulation in situ a été menée durant l'année. Elle concernait directement la production audionumérique. Elle sera poursuivie en 2005 pour les aspects relevant de la maintenance de ce type de matériel.
En 2004, les activités de la coordination se sont inscrites dans les principes méthodologiques et les orientations de programmation de l'APEFE. Elles peuvent se résumer comme suit :

  • développement des principes participatifs dans tous les projets par la tenue régulière des réunions des comités techniques de suivi et de pilotage; par l'animation d'ateliers lors de la formulation de nouvelles interventions,&
  • lancement du nouveau projet d'appui aux écoles de sciences infirmières du Rwanda en collaboration avec la CTB ;
  • suivi du projet EAVK (appui à l'Ecole Agro-vétérinaire de Kabutare), recadré suite à la mission d'évaluation ayant eu lieu fin 2004 ;
  • suivi du projet ACFJ (Appui aux Centres de Formation des Jeunes) dont les résultats sont probants.
  • gestion des ressources humaines, matérielles et financières des interventions de l'APEFE  et du CGRI-DRI au Rwanda ;
  • appui à l'Ecole belge de Kigali (participation au Conseil d'Administration et au Pouvoir Organisateur) ;
  • représentation de l'APEFE lors de manifestations officielles.

Succès

Les formations dispensées dans les filières menuiserie, maçonnerie et agriculture-élevage des CFJ du pays ont touché de nombreux jeunes et la qualité de ces formations est unanimement reconnue.
Le CFJ de Nyanza, sur lequel se focalise l'APEFE, est devenu le CFJ de référence du pays. Ses infrastructures, ses principes de fonctionnement et son unité de production (menuiserie, tissage, blocs précontraints) lui confèrent autonomie financière et réputation.
  
Pour la quatrième année consécutive, les écoles de sciences infirmières de Rwamagana et de Kabgayi ont été classées première et deuxième écoles de sciences infirmières du pays. La quasi totalité des lauréates de ces établissements ont soit trouvé un emploi, soit continué leurs études au niveau de l'enseignement supérieur.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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