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10-03-2006 |
Contexte Le Burkina Faso, pays essentiellement agricole, connaît ces dernières années, après plusieurs sécheresses notamment, une dégradation progressive de son environnement. Cette dégradation a des conséquences immédiates sur la santé et les conditions de vie du peuple burkinabè. Un renforcement des équilibres socioécologiques a donc été préconisé par son Gouvernement qui a mis en place en juin 2000, le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP). Ce CSLP annonce que «la stratégie de réduction de la pauvreté sera basée sur la recherche d'un équilibre entre les besoins des populations et la gestion durable des ressources naturelles». En 2003, le gouvernement burkinabè a encore renforcé ses mesures de lutte contre la désertification et d'amélioration du cadre de vie des populations urbaines et rurales. L'intervention de l'APEFE en faveur de ce pays, s'est inscrite plus profondément encore dans ces priorités en en faisant le dénominateur commun de son approche-programme et en agissant dans les secteurs prioritaires suivants : distribution d'eau et l'assainissement, environnement et industries manufacturières (agro-industries). Dans un pays où la population rurale représente 84%, la diversification des activités agricoles est un des principaux facteurs d'élargissement des opportunités en matière d'emploi et d'activités génératrices de revenus pour les pauvres. Aussi en 2005, Les interventions s'inscriront dans une problématique chère aux autorités burkinabées : la lutte contre la désertification ; Dans cette optique, les interventions se concentreront dans les secteurs prioritaires : distribution d'eau et assainissement, protection de l'environnement et complémentairement agriculture et sylviculture. Projets et interventions 2.1. Protection de l'environnement : éducation et formation environnementales L'information environnementale bien qu'abondante est peu accessible au Burkina Faso et, par conséquent, peu connue des d'utilisateurs potentiels nationaux ou internationaux. La méconnaissance de l'existant donne une image de pauvreté des centres de documentation mais provoque aussi des redondances dans les actions en gestion durable de l'environnement. L'intervention proposée vise à améliorer cette situation en apportant l'appui nécessaire à réhabilitation d'un certain nombre de centres de documentation en les fédérant en un réseau national (le RIDEB, Réseau d'information et de documentation environnementale du Burkina qui existe officiellement depuis août 2003). Cette action s'accompagne d'une remise à niveau professionnelle des responsables et d'un apport en matériel. Dix-sept des dix-huit centres de documentation identifiés au départ ont bénéficié d'équipements informatiques. Au cours de l'année 2004, les documentalistes ont reçu des appuis individualisés pour la réorganisation de leur centre ainsi que des formations « à la carte ». Une charte commune ainsi qu'une banque de données environnementales collectives ont également vu le jour. Le traitement de l'information visant à obtenir dans chaque centre, une base de données bibliographique complète et fiable, est bien avancé. Les responsables de centre ont en outre participé à plusieurs ateliers de concertation et de formation (révision de la méthodologie, marketing documentaire, gestion des réseaux documentaires, élaboration de projets). De par ses performances et son dynamisme, le réseau est de plus en plus connu. On en veut pour preuve que 6 nouvelles structures ont demandé à en faire partie en 2004, ce qui porte à 24 le nombre de ses membres. Les activités prévues en 2005, viseront la poursuite du renforcement de certains centres, des formations et des concertations. Cette intervention APEFE qui aura pleinement atteint ses objectifs en août 2005, vient renforcer le Projet d'Appui Institutionnel au Secrétariat permanent du Conseil National pour l'Environnement et le Développement Durable (SP/CONEDD) exécuté par la Coopération Technique Belge depuis 2001. 2.2. Distribution d'eau et assainissement : politique et gestion des ressources en eau L'APEFE participe à la politique de l'eau du Burkina Faso en favorisant l'émergence d'une expertise nationale capable de concevoir, d'exécuter, d'exploiter et d'entretenir ce qui a trait aux ressources en eau. En collaboration avec la Direction Générale de l'Amélioration du Cadre de Vie du Ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie et le CREPA (Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût), l'APEFE a permis la mise en place d'un laboratoire d'analyses des eaux de terrain où de nombreuses analyses physicochimiques d'eaux usées ont été effectuées en 2004. Au fil de ces analyses, un inventaire des sources potentielles de pollution des eaux a été réalisé, ainsi qu'un bilan, un diagnostic et un suivi des priorités environnementales dans le domaine des eaux usées. L'intervention intègre également l'organisation par l'ULg et la Région wallonne, de recyclages intensifs de techniciens supérieurs. Le laboratoire accueille des stages techniques et des travaux de fin d'études. Le diagnostic des eaux et le suivi de la station de lagunage de Ouagadougou seront poursuivis en 2005. Deux laborantins seront formés et poursuivront des recherches appliquées, tout en renforçant le partenariat avec le secteur privé. 2.3. Industries manufacturières : agro-industrie Le gouvernement du Burkina Faso est conscient de l'importance que les secteurs agricoles et la transformation des produits alimentaires jouent dans son économie et dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Il n'a cessé de promouvoir des stratégies et des programmes de développement permettant à ces secteurs de jouer efficacement leur rôle dans l'économie nationale. S'inscrivant dans cette volonté de renforcement des pôles commerciaux par une gestion plus rationnelle des ressources naturelles, l'APEFE s'est intéressée à 3 filières : gomme arabique, vinaigre et soumbala. Ces interventions s'opèrent avec le Département de Technologies Alimentaires (DTA) de l'Institut de Recherche des Sciences Appliquées et Technologiques. L'approche utilisée pour la filière gomme arabique consistait à appuyer les acteurs de la filière, de la production à la commercialisation, à savoir l'implication des groupements de paysans, la production de gomme arabique de qualité (via la certification), l'amélioration génétique des plants d'Acacia senegal et la valorisation économique. Cette approche s'est révélée efficace et il a été décidé de la consolider et de l'appliquer à d'autres produits. Si les interventions vinaigre et soumbala sont arrivées à leur terme fin 2004, l'appui à la filière « gomme arabique » est appelé à se poursuivre avec le Centre National des Semences Forestières (CNSF) à travers un programme d'amélioration des ressources phytogénétiques de l'Acacia senegal. 2.4. Gouvernement et société civile : liberté de l'information Depuis 1997, l'APEFE consolide son intervention dans le domaine des médias. Le renforcement des entreprises de presse radio, prend même depuis juin 2004, une forme tout à fait originale, répondant aux attentes explicites de 7 entreprises de presse radio diffusées sur Ouagadougou, 1 publique, 1 communautaire et 5 privées. Le coopérant mis à disposition par l'APEFE, mène un programme de formation itinérante au sein même des rédactions pour être au plus près de la réalité journalistique et économique des radios. Ce programme vise un renforcement des capacités journalistiques et techniques radio, adapté aux besoins de chaque rédaction et de chaque journaliste, il comporte également un volet d'accompagnement des services commerciaux. Pour assurer la pérennité de cette action, l'APEFE mène un partenariat technique avec le CERAM (Centre d'Expertise et de Recherche Africain sur les Médias et la Communication) de Ouagadougou. Cette structure pourra assurer une formation professionnelle continue des journalistes en activité. Les premiers résultats au terme de 6 mois d'activités ont permis de constater une grande diversité des genres radiophoniques. En 2005, l'intervention ciblera plus particulièrement les rédacteurs en chef des radios, principaux artisans d'un traitement déontologique de l'information, et les agents des services commerciaux responsables de l'autonomie financière des entreprises de presse. - CIRTEF (Conseil international des Radios et Télévisions d'Expression française) L'amélioration de la production et de la programmation d'émissions télévisuelles a un impact sur l'éducation, la santé et d'autres secteurs importants de la vie économique et sociale de l'Afrique de l'Ouest. Une stratégie durable doit être développée pour aboutir à plus long terme à des changements positifs de comportement. Des stages de formation professionnelle en scénarisation sont organisés par l'APEFE et le CIRTEF sous forme de missions de courte durée auprès de la Radiodiffusion et Télévision du Burkina Faso. De la rédaction au découpage technique et à la post-production (montage final en numérique), en passant par l'organisation des séquences, les stages permettent une professionnalisation des intervenants locaux, tout en tenant compte de l'environnement spécifique à l'Afrique (peu de moyens et peu de formation). 2.5. Santé : formation de pharmaciens. En janvier 2000, un important projet de coopération universitaire institutionnelle a été mis en place en vue de renforcer le traitement des ostéomyélites osseuses, infections aiguës ou chroniques de l'os qui restent à l'heure actuelle en Afrique un des problèmes les plus sérieux de la pathologie de l'appareil locomoteur. L'intervention de l'APEFE, l'appui scientifique de la CUD et les formations suivies par des Burkinabè à l'ULB, financées par le CGRI ont permis de doter l'Université de Ouagadougou d'un cadre professionnel capable de former des pharmaciens. Après l'organisation de leur formation de base, l'étape suivante fut la formation de docteurs en sciences pharmaceutiques et de pharmaciens spécialisés en technologies pharmaceutiques industrielles. Une salle stérile, dite aussi « chambre blanche », contribuant à la formation aux technologies pharmaceutiques semi-industrielles, a été installée et inaugurée officiellement. Elle répond aux normes du milieu pharmaceutique industriel. L'intervention, venue à terme en mai 2004, a permis la réalisation d'une série de travaux pratiques, la rédaction d'un protocole des méthodes de contrôle de stérilité et des procédures pour la préparation des milieux de culture. Des premiers gels ont été fabriqués. 2.6. Population / santé et fertilité : lutte contre le VIH/SIDA Au Burkina Faso, la lutte contre le VIH/SIDA intègre ce combat à tous les secteurs de la vie sociale, que ce soit le renforcement des capacités de prévention ou de prise en charge. Une action coordonnée du monde associatif et communautaire s'est mise en place pour réduire l'impact du VIH/SIDA sur le développement. La question de l'organisation du système de santé doit être au centre du débat. Diverses recherches socio anthropologiques menées par le Groupe de Recherche « SHADEI » (Sciences de l'Homme Appliquées au Développement et à l'Evaluation des Interventions) l'ont démontré. Avec le soutien de l'APEFE, celui-ci a initié un protocole d'action permettant d'intervenir dans la lutte contre le VIH-SIDA par un accompagnement des Organisations communautaires de base. Ce protocole a été validé en novembre 2004 et a permis la définition d'un plan opérationnel de recherche-action à l'échelle nationale. Sa méthode en matière de développement participatif, de suivi et d'évaluation des processus est maintenant bien établie et a notamment été remarquée par les cadres de l'ONUSIDA. L'intervention de l'APEFE se prolongera jusqu'en juin 2005, soit jusqu'au démarrage de la nouvelle phase d'application de l'approche SHADEI au programme national de lutte contre le SIDA. 2.7. Education : politique de l'éducation et gestion administrative Le programme de « Développement et Education des Adultes » (DEDA) a vu le jour en 1999, il répond à un besoin en structures de formation en alternance de formateurs. L'APEFE a accompagné la mise en place d'un centre de ressources, de formation, de recherche et d'intervention en éducation des adultes en vue de professionnaliser les acteurs de développement de terrain. Ce Centre, à visée sous-régionale, s'appuie sur des réseaux existant dans différents pays limitrophes du Burkina (Bénin, Mali, Niger, Togo). Ces réseaux se composent essentiellement de personnes provenant d'organismes ou d'associations représentatives de la société civile. Les premiers candidats recrutés en 2001, ont été diplomés (la licence DEDA a d'ailleurs été reconnue par le CAMES, soit le Conseil africain et malgache pour l'Enseignement supérieur) et une deuxième promotion de licenciés se prépare pour juillet 2005. Le 3 juin 2004, le Ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS), a permis l'ouverture d'une filière de formation en développement et éducation des adultes à l'Université de Ouagadougou ; ce qui habilite officiellement l'Université à délivrer les diplômes correspondants. L'APEFE achèvera cette intervention en 2005, en consolidant ses acquis notamment au profit de l'appropriation de la fonction de conseiller à la formation. Mais d'ores et déjà, la qualité de l'équipe du secrétariat permanent DEDA permet une action optimale. 2.8. Infrastructure et services sociaux divers : culture Le programme de relance de la formation aux métiers de l'image et du son (PROFIS) à la Direction de la Cinématographie Nationale, bénéficie de l'aide de l'APEFE depuis plusieurs années. Elle a été réorientée en mars 2003, pour permettre la création de l'Institut Régional de l'Image et du Son (IRIS), dispensant une formation supérieure aux métiers du cinéma et de l'audiovisuel, tenant compte des spécificités de l'Afrique de l'Ouest (adéquation formation-emploi) et proposant des formations souples répondant aux attentes du marché, des professionnels du secteur, ou à celles de jeunes débutants. L'intervention de l'APEFE se prolongera jusqu'en mars 2005 pour permettre à l'IRIS d'asseoir toutes les dispositions nécessaires à la durabilité des acquis. La qualité du partenariat institutionnel entre la Direction de la Cinématographie Nationale et l'Institut des Arts de Diffusion de Louvain-La-Neuve constitue un gage solide quant à la pérennisation des résultats de l'intervention. Coordination En 2004, toutes les interventions ont fait l'objet d'atelier de gestion participative et planifiée. Ces ateliers ont souvent favorisé le développement de processus participatifs auprès des intervenants locaux renforcés. Au cours de cette année, quatre interventions ont été identifiées et une instruction a été finalisée. Le projet démarrera en janvier 2005, il s'agit d'une intervention en agriculture (dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau initiée par les autorités burkinabè). L'expertise et le suivi des interventions se sont renforcés par la tenue d'une concertation récurrente avec les autres partenaires au développement : réunions mensuelles de coordination organisées par l'Ambassade de Belgique; réunions mensuelles de la coordination européenne organisées par la Délégation de la Commission européenne ; réunions bimestrielles de concertation des partenaires techniques et financiers impliqués dans la mise en Suvre de la Convention internationale de lutte contre la désertification (CCD). Succès Le Burkina Faso a adopté une approche qui fait de la gestion des ressources naturelles un des principes directeurs de la stratégie de réduction de la pauvreté. Les orientations stratégiques en matière de développement agricole visent à favoriser le développement de l'économie de marché en milieu rural et à favoriser et à renforcer la professionnalisation et le rôle des différents acteurs et à assurer une gestion durable des ressources naturelles. Il s'agit également d'accroître la sécurité alimentaire et nutritionnelle et d'améliorer sensiblement le statut de la femme rurale. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'intérêt des autorités pour l'exploitation des produits forestiers tel l'Acacia senegal qui donne la gomme arabique et qui a l'avantage d'allier utilité écologique (lutte contre la désertification, fertilisation des sols &) et intérêt économique par sa production. Cette dernière peut être génératrice d'emplois et surtout de revenus stables en milieu rural et constitue par conséquent un moyen de lutte contre la pauvreté. La mise en place d'une filière de valorisation de la gomme arabique a démarré en 1998 avec l'appui de l'APEFE, de la DRI, du CGRI, du Centre Wallon de Biologie Industrielle des Facultés universitaires de Gembloux et de l'ULg. Le Centre National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) est le partenaire local. Le projet qui a soutenu la filière « de la semence jusqu'au produit alimentaire » a développé des structures de valorisation aux niveaux environnemental (reboisement par des plants plus productifs), scientifique (amélioration de la qualité de la gomme produite), technologique (diversification de la production) et industriel (recherche de nouveaux produits utilisant la gomme). Elle a aussi permis de renforcer la structuration des filières agroalimentaires et la professionnalisation des petites et moyennes entreprises agro-industries. |
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Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
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