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10-03-2006 |
Contexte Pays de 6,2 millions d'habitants et de 113.000 Km² (3,7 fois la Belgique), le Bénin reste un pays en développement. Avec un indice de développement humain de 0,421 (Belgique: 0,923), le Bénin n'occupe que la 159ème place sur 175 pays dans le classement des Nations Unies. Seule une faible partie de sa population dispose d'une alimentation suffisante, de conditions de logement correctes et d'accès aux services élémentaires (santé, éducation, électricité, eau&). Depuis 1991, avec l'appui de bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, le pays a progressivement mis en Suvre des réformes structurelles qui ont contribué à l'amélioration de l'environnement macro-économique nécessaire à la relance de la vie économique et sociale, et à l'effet multiplicateur des projets de coopération. Ces dernières années, le Bénin a connu une croissance appréciable de son PNB (380 $ par habitant) et semble recueillir les fruits du Plan d'Orientation 1998-2002 dont la priorité consiste à lutter contre la pauvreté pour consolider la croissance économique. Un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) est actualisé chaque année et renouvelé tous les trois ans. Il opérationnalise le Programme d'Action du Gouvernement qui s'y réfère pour aligner les interventions de tous les partenaires au développement du Bénin en faveur de l'objectif de réduction de la pauvreté. L'APEFE développe actuellement ses interventions dans les secteurs prioritaires suivants : - santé : éducation et formation médicales ; éducation sanitaire ;
- éducation : formation professionnelle ;
- gouvernement et société civile : liberté de l'information.
Outre des interventions en synergie avec celles du CGRI et de la DRI, des collaborations en formation professionnelle se sont aussi créées avec la CTB (Coopération Technique Belge). Projets et interventions 2.1. Santé 2.1.1. Renforcement structurel du centre MEPS ( Matériels Educatifs Pour la Santé) En 1984, le Bénin adhère au « MEPS », programme interégional de développement de matériels éducatifs pour les personnels de santé (programme mis au point par le PNUD , l'OMS et l'UNICEF). Ce programme répond à deux préoccupations : comment informer, former et éduquer les populations et le personnel de santé des changements de comportement par rapport aux soins de base ; et comment améliorer les comportements et les attitudes du personnel de santé parfois très éloigné de toute possibilité de s'informer et de se recycler. L'APEFE appuie une structure MEPS intégrée à la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou, depuis 1998. Le MEPS s'est spécialisé envers le jeune public. Ainsi, depuis 2002, le MEPS a collaboré à la conception, l'édition et la distribution de documents (livres ou fiches pédagogiques, illustrés, affiches, jeux éducatif, &) visant la réduction de la mortalité maternelle et infantile, l'amélioration de l'hygiène de base ou encore la lutte contre les grandes endémies. Le MEPS s'est aussi investi dans les grands problèmes que peut rencontrer l'enfant pendant son développement: le cas des « enfants sorciers », le trafic d'enfants, la scolarisation et l'analphabétisme. Le recours à des supports audiovisuels s'est progressivement imposé (films, dessins animés,&) et l'APEFE s'est inscrite dans ce courant. Son intervention a consisté à former une équipe du centre MEPS aux nouvelles technologies de la communication, tout en aidant la structure à trouver les moyens de son équilibre financier et de son autonomie de gestion. Les productions du MEPS s'étant qualitativement renforcées, des partenariats importants ont pu se conclure, notamment avec l'UNICEF comme l'illustre la récente campagne de lutte contre le trafic d'enfants. Un atelier tenu en septembre 2004, a permis l'élaboration d'un plan stratégique pour le MEPS et un reciblage du cadre d'intervention de l'APEFE pour les deux prochaines années. C'est ainsi qu'en 2005, le staff du MEPS bénéficiera de formations en gestion et management afin de permettre à la structure de mieux défendre son expertise auprès des porteurs de projets en communication-santé. La relève technique sera assurée par la formation d'une équipe de réalisateurs audiovisuels en mesure de collaborer ponctuellement avec le MEPS. Enfin, le développement technologique se poursuivra avec l'acquisition du matériel et du savoir faire relatifs à la réalisation de dessins animés pédagogiques. 2.1.2. Renforcement du service de rééducation fonctionnelle du Centre Hospitalier Départemental du Zou Comme dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, les soins de rééducation fonctionnelle pour les personnes atteintes de handicaps moteurs permanents ou temporaires sont très peu développés au Bénin. Or, les besoins sont très importants, pour répondre aux nombreuses affections courantes et très invalidantes (séquelles de traumatismes de la route et du travail, hémiplégies après accident vasculaire cérébral, infirmité motrice d'origine cérébrale chez l'enfant, problèmes respiratoires aigus ou chroniques chez l'adulte ou l'enfant, &). Pour répondre à ce manque, le Bénin a mis en place depuis le début des années 1990, plusieurs projets visant à améliorer la prise en charge des personnes handicapées : la création de services de rééducation hospitaliers dans 3 hôpitaux du pays (Cotonou, Abomey et Ouidah), ainsi que la création d'une Ecole de kinésithérapie à la Faculté des Sciences de la Santé de l'Université d'Abomey Calavi de Cotonou. L'intervention APEFE se focalise sur le Service de kinésithérapie du Centre Hospitalier Départemental du Zou et des Collines. De 1998 à 2000, le Centre Hospitalier Départemental du Zou s'est équipé d'une toute nouvelle unité de rééducation fonctionnelle regroupant les activités de kinésithérapie pour les services de pédiatrie, de chirurgie et de médecine. Dès janvier 2001, une équipe compétente de thérapeutes en kinésithérapie exerçait. La capacité d'accueil du Service a été accrue dès novembre 2003 par des travaux d'extension du bâtiment, ce qui a notamment permis une ouverture à de nouvelles thérapeutiques, telle l'hydrothérapie. Deux diplômés de la première promotion de l'Ecole Supérieure de Kinésithérapie de Cotonou ont été recrutés en mai 2004 pour renforcer l'équipe soignante qui est ainsi passée à six personnes. Dans le cadre de l'intervention, les kinésithérapeutes bénéficient d'activités de formation continue (un séminaire par mois et une conférence trimestrielle). Ce service renforcé, devenu rentable, a permis de dégager des bénéfices pour le CHD/Zou-Collines. L'intégration du CHD/Zou-Collines à la stratégie nationale de développement de la kinésithérapie marquera la fin de l'intervention de l'APEFE (juin 2005) mais une supervision des formateurs sera maintenue. 2.1.3. Renforcement structurel de l'Ecole Supérieure de Kinésithérapie S'appuyant sur le service de rééducation du CNHU comme centre de stage pratique, l'idée de créer une école de kinésithérapie à la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou remonte à 1997. L'Ecole Supérieure de Kinésithérapie (ESK) a ouvert ses portes en octobre 2000 et les premiers diplômés en sont sortis en novembre 2003. Elle a pour vocation d'être un centre de formation pour toute l'Afrique francophone. L'APEFE et le CGRI se sont associés très tôt au projet en permettant des missions de suivi technique, des missions d'enseignement et de perfectionnement de courte et longue durées. Le but de l'école est de former du personnel compétent au rythme de la mise en place des structures de rééducation hospitalières et extra hospitalières dans le pays. Elle est implantée à la Faculté des Sciences de Santé de Cotonou et bénéficie de la structure administrative et académique de la Faculté. La majorité des 1.600 heures de cours prévues au programme est assurée par les enseignants de la Faculté. Certains cours pratiques et de kinésithérapie cependant (400 heures en seconde année), ne pouvaient être dispensés par des enseignants béninois qualifiés. Dès lors, depuis 2001, des missions annuelles de kinésithérapeutes de Wallonie-Bruxelles ont été organisées pour assurer l'enseignement de ces matières pratiques et quatre kinésithérapeutes béninois ont été formés durant un an en Communauté Française Wallonie-Bruxelles en vue de dispenser au plus tôt ces cours pratiques de kinésithérapie. Il reste six matières pratiques pour lesquelles il n'y a pas encore d'enseignants béninois formés. La formation d'enseignants dans ces matières est le prochain objectif à atteindre pour assurer l'autonomie académique de l'ESK. De 2005 à 2012, l'APEFE et le CGRI-DRI organiseront des missions de courte durée d'enseignement et de supervision. 2.1.4. Appui au service de rééducation fonctionnelle de l'hôpital de Ouidah Trois hôpitaux ont été identifiés pour accueillir une structure pilote en rééducation fonctionnelle: Cotonou, Abomey et Ouidah. L'APEFE a participé à la mise en place de l'unité de rééducation de l'hôpital de Ouidah qui a ouvert ses portes en avril 2002 et la première année d'intervention a été principalement axée sur une sensibilisation de la population et du personnel médical, ainsi que sur la mise en place d'une gestion de service durable. La formation continue aux connaissances et techniques de kinésithérapie ainsi que l'encadrement du personnel affecté constitue l'activité principale de l'intervention APEFE. Elle a permis le recrutement à temps plein d'une kinésithérapeute béninoise, et l'entrée en fonction en novembre 2003, d'une deuxième personne, diplômée de l'Ecole de kinésithérapie de Cotonou. Une formation à la gestion d'un tel service a été mise en place. L'encadrement des stagiaires en kinésithérapie, la collaboration avec l'école de kinésithérapie de Cotonou et le réseau de réadaptation à base communautaire (développé par l'OMS en 1989 en faveur de la prise en charge des personnes handicapées) se sont renforcés en 2004. L'intervention a pris fin en août 2004. 2.1.5. Renforcement structurel du Service National de Transfusion sanguine L'intervention a débuté en octobre 2002. Elle consiste en un apport en formation et information du personnel de santé du Service National de Transfusion Sanguine. L'intervention s'inscrit dans les priorités du gouvernement en matières de politique et stratégie nationales de développement du sous-secteur de la transfusion sanguine au Bénin. En 2004, les pratiques de transfusion sanguine ont été normalisées. Des formations sur les bonnes pratiques de la transfusion sanguine ont été dispensées au personnel de santé, aux stagiaires en formation et aux recruteurs de donneurs de sang volontaires. Un manuel sur la transfusion sanguine destiné aux étudiants en formation médicale a été imprimé et diffusé. Des collaborations avec des partenaires au développement ont été initiées et des cursus en transfusion sanguine ont été intégrés aux programmes des établissements de formation médicale. Un partenariat sud-sud entre les services nationaux de transfusion sanguine du Niger, de la République Démocratique du Congo et du Bénin s'est progressivement mis en place en 2004. Ces activités se poursuivront en 2005. 2.2. Gouvernement et société civile 2.2.1. Appui à la Chaire UNESCO des droits de la personne et de la démocratie Depuis la réussite de la conférence des forces vives de la Nation organisées en 1990, le Bénin s'est engagé dans un processus démocratique dont la qualité est internationalement reconnue. L'article 40 de la Constitution du renouveau démocratique encourage l'éducation aux droits de l'homme et à la démocratie. C'est dans ce contexte que la Chaire UNESCO des Droits de la personne et de la démocratie a été créée. Son objectif vise un renforcement de l'Etat de Droit en Afrique par la diffusion de connaissances approfondies en Droits de la personne et en démocratie, par l'intermédiaire des d'intervenants locaux: enseignants, magistrats, avocats, journalistes, responsables d'ONG et fonctionnaires. En outre, la Chaire organise un DEA dont la capacité d'accueil est de 24 étudiants (12 béninois et 12 étrangers). L'APEFE contribue à la consolidation des activités de la Chaire UNESCO depuis juillet 98. Jusqu'en septembre 2004, l'APEFE a organisé des formations continues portant sur la gestion des relations externes et le fonctionnement et l'enrichissement du Centre de documentation. Une gestionnaire béninoise a été formée à la reprise de ce centre. 2.2.2. Renforcement durable de la stratégie de formation en production audiovisuelle des professionnels au CRPF-CIRTEF de Cotonou Pour la plupart des radios et télévisions d'Afrique, le passage au numérique est une révolution technologique et psychologique. Or ces moyens de communication sont vitaux pour le pays, tant pour diffuser auprès de la population, des messages d'intérêts généraux (santé, environnement,&), que pour renforcer la démocratie par la liberté de l'information. L'APEFE appuie le Centre Régional de Production et de Formation (CRPF) de Cotonou depuis 1995. Ces interventions sont liées à tout le travail du son et de l'image dans une post-production. Elles portent sur l'encadrement théorique et technique de stagiaires dans les domaines sonore et de l'image. Les ingénieurs du son et de l'image et forment les stagiaires dans leur environnement de travail de l'image et de la prise de son, au mixage et à la production à partir d'un matériel numérique. Un Comité de pilotage s'est réuni en juin 2004. En 2004, tout en continuant les activités de formation et d'expertise, tant à Cotonou que dans des pays de la sous-région, l'intervention a permis de développer des activités génératrices de revenus permettant d'atteindre un niveau élevé d'autofinancement. Des synergies avec de nombreux partenaires intéressés par ce secteur ont été également développées (Coopération française, Coopération suisse). L'engagement de l'APEFE devrait se poursuivre jusqu'en août 2007, ce qui permettra de parfaire la formation des ingénieurs techniciens et, le cas échéant, d'accompagner le nouveau directeur du CRPF qui prendra ses fonctions en 2005. Coordination En 2004, le recentrage des interventions en faveur des secteurs prioritaires que sont la santé, la formation professionnelle et gouvernement et société civile, s'est poursuivi. Sur 10 interventions en cours en 2004, 5 relèvent du secteur santé. Plusieurs pistes ont été identifiées dans le sous secteur de la formation professionnelle et aboutiront à une première intervention en faveur du Centre de Perfectionnement du Personnel des Entreprises (CPPE) en 2005. L'APEFE est dorénavant invitée aux réunions sectorielles avec les autres partenaires au développement, tant à celles organisées par le Ministère de la santé qu'à celles convoquées par la Direction de la formation et de la qualification professionnelles. Les interventions se développent désormais dans l'esprit d'une gestion participative. Les Comités technique de suivi se réunissent trimestriellement et le calendrier des réalisations permet une appréciation précise de la progression de l'intervention ou de ses éventuels blocages ou dysfonctionnements. Les Comités de pilotage annuels, permettent le suivi et l'évaluation des interventions. Le renforcement de l'approche de programme se réalisera progressivement à travers la concentration des interventions de l'APEFE dans les secteurs prioritaires. Ainsi dans le domaine de la kinésithérapie où trois interventions ont successivement été initiées depuis 2001, une réflexion a été menée lors d'un atelier de planification qui s'est tenu en novembre 2003 et qui a débouché sur la mise en place sous l'autorité du Ministère de la santé publique d'un programme national en kinésithérapie. Ce programme, appuyé par 3 interventions, démarrera début 2005. Des missions de courte durée sont venues appuyer l'Ecole de kinésithérapie, le CRPF et la Chaire Unesco des Droits de la Personne et de la Démocratie lors de sa session régionale de formation. Trois coopérants ont pu en bénéficier de formation (perfectionnement professionnel par le biais de cours à distance et formations locales) ce qui contribue à la pérennisation des interventions. |
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Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
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