Rwanda en 2003 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
13-03-2006
  1. SITUATION


    Les événements de 1994 ont eu un impact des plus importants sur les ressources humaines qualifiées du pays. Le manque de personnes ressources, la démographie galopante et la quasi absence de structures industrielles (plus de 75% de la population est occupée dans une activité agricole de subsistance) sont autant d'éléments handicapant le développement du pays.

    Face à ces problématiques, le gouvernement rwandais s'est engagé dans une politique de réformes à court et moyen terme (Vision 2020). Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, le gouvernement rwandais privilégie six domaines d'actions : le développement des ressources humaines et l'amélioration de la qualité de la vie, la bonne gouvernance, le développement des capacités institutionnelles, la transformation agricole et le développement rural, le développement des infrastructures économiques et la promotion du secteur privé.

    Si la situation n'est pas encore totalement stabilisée avec les pays de la sous région, la volonté politique de réconciliation nationale et le refus d'un renouvellement des événements tragiques de 1994 sont réels.

    Les élections présidentielles et ensuite législatives tenues en 2003 ont confirmé les autorités en place et ont permis de consolider les politiques engagées sous la précédente législature en matière de décentralisation.

    Les interventions de l'APEFE s'inscrivent dans le cadre des objectifs du gouvernement rwandais définis, entre autres, dans le document de "la stratégie de réduction de la pauvreté (PRSP)", dans celui de "la vision politique 2020" ainsi que dans celui de "l'objectif général 3 de la politique sectorielle de l'Education au Rwanda".


  2. INTERVENTIONS


    2.1 EDUCATION

    2.1.1. Formation professionnelle

    PROJET D'APPUI AUX CENTRES DE FORMATION DE LA JEUNESSE (ACFJ)

    Plus de 500 000 jeunes rwandais sont en décrochage scolaire au nombre desquels les jeunes qui ont abandonné l'école pour des raisons économiques et / ou familiales mais aussi les démobilisés et les enfants "dans" et "de" la rue. Dans sa politique de réduction de la pauvreté, le gouvernement rwandais a décidé de créer et / ou de favoriser des structures d'encadrement et de formation pour ces jeunes.

    Dans ce cadre, les CFJ (Centre de Formation des Jeunes) ont pour but d'offrir une formation professionnelle de courte durée (une année) mais de qualité à des jeunes en décrochage scolaire . Cette formation touche de nombreux domaines ( agriculture, électricité, alimentation, coupe couture, menuiserie, mécanique auto, etc).

    L'APEFE a débuté un projet avec quatre interventions au sein de trois de ces CFJ en 1999. La première phase a été évaluée en 2002.

    Débutée en 2003, la seconde phase du projet qui bénéficie de l'appui de quatre coopérants consiste principalement à consolider les actions pédagogiques précédemment menées et à prendre plus en considération les aspects liés à la gestion des activités de formation pratique. Plus précisémment, elle visera :

    • la formation en techniques professionnelles spécifiques, en pédagogie et en comptabilité de base de tous les formateurs des CFJ des filières menuiserie, agri-élevage et maçonnerie ;
    • l'accompagnement des élèves par le développement d'une stratégie d'insertion socioprofessionnelle pour les lauréats des sections soutenues ;
    • un appui spécifique en équipements et infrastructures à trois CFJ : Gaculiro (Kigali), Nyanza et Rwabuye (Butare) ;
    • le développement d'activités productives, contribuant à l'auto-financement des trois CFJ ;
    • un appui au ministère via la création de modules de formation, leur validation et leur vulgarisation auprès de tous les CFJ du pays.


    Le comité de concertation réunissant les bailleurs de fonds, le ministère et les autorités décentralisées contribue à renforcer l'efficacité et l'efficience des différentes interventions.

    2.1.2. Formation technique supérieure de gestion

    L'intervention au Kigali Institute of Science Technology and Management (KIST) s'est terminée en 2003. Selon l'évaluation faite conjointement avec les autorités académiques du KIST, les résultats tels que la mise en place d'un cadre structurel permettant la production de formations professionnelles continues et la formation de formateurs susceptibles d'intervenir en formation continue ont été atteints.

    Au vu de ces résultats encourageants et dans le but de consolider la pérennité de l'action, il a été convenu, avec les autorités académiques du KIST d'étudier de futures modalités de collaboration par notamment un appui sous forme de missions de courte durée.

    2.2. SANTE : formation du personnel de santé

    Actuellement, l'efficacité des services hospitaliers au Rwanda est extrêmement réduite, du fait notamment de la carence en personnel qualifié et compétent. Ce déficit qualitatif et quantitatif en ressources humaines a été analysé par le Ministère de la Santé ; les problèmes ainsi définis se situent au niveau de la planification, de l'enseignement, du perfectionnement professionnel et de la gestion / administration du personnel.

    Deux interventions ont permis de former des formateurs en sciences infirmières et de renforcer les compétences des encadreurs de stages au sein de deux Ecoles de Sciences Infirmières (ESI) de niveau A2 à Rwamagana et Kabgayi. Des modules de formation ont été mis en place et des syllabi ont été élaborés.

    Les deux interventions ont également permis un appui aux travaux de la commission du Conseil rwandais des infirmières et des sages femmes.

    2.3. AGRICULTURE : éducation et formation

    Plus de 75% de la population rwandaise vit d'une agriculture essentiellement de subsistance. Face à la croissance démographique et aux problèmes de production et de débouchés, le gouvernement insiste, dans sa politique sectorielle, sur la nécessité de développer l'agriculture afin d'atteindre la sécurité alimentaire et d'accroître les revenus des agriculteurs.

    Il s'agit notamment de professionnaliser l'agriculture; la formation a donc un rôle primordial à jouer.

    C'est dans cette optique qu'un nouveau projet a débuté en 2003. Le projet consiste d'une part à appuyer l'école agro-vétérinaire de Kabutare (EAVK) dans sa gestion (ressources humaines, administration, organisation, pédagogie) et dans les formations de l'option agriculture (en complémentarité de celui effectué pour les options élevage par l'ONG Vétérinaire Sans Frontières). Comme pour le projet ACFJ, l'insertion socio-professionnelle des diplômés est particulièrement prise en considération.

    D'autre part, une intervention est également en cours au niveau du Ministère (MinEduc) dans le but d'articuler les activités des terrains de formation avec les structures centrales chargées de la conception des programmes; elle vise plus précisément à appuyer la planification des programmes et le suivi des formations dispensées dans l'ensemble des écoles agro-vétérinaires du pays.


  3. SUCCES


    Les formateurs des filières menuiserie, maçonnerie et agri-élevage de tous les CFJ du pays ont bénéficié de plusieurs formations. Le CFJ de Nyanza, que l'APEFE soutient spécifiquement, est en voie de devenir le CFJ pilote du pays, tant par ses infrastructures que par son mode de fonctionnement et son unité de production. Gagnant en autonomie financière mais également en réputation, il est régulièrement cité en exemple par les autorités rwandaises.

    Pour la troisième année consécutive, les écoles de Rwamagana et de Kabgayi, qui bénéficient de l'appui de l'APEFE, ont été classées première et deuxième écoles de sciences infirmières du pays. La quasi totalité des lauréates ont soit trouvé un emploi soit continué leurs études au niveau de l'enseignement supérieur. Les syllabi, réalisés dans le cadre de l'intervention de Rwamagana, sont en voie d'être validés par le ministère.


  4. COORDINATION


    En 2003, les activités de la coordination se sont inscrites dans les principes méthodologiques et la programmation de l'APEFE; elles visent notamment au développement des principes participatifs par l'instauration de comités de concertation des bailleurs de fonds et des partenaires locaux (ministères), le lancement des comités techniques de suivi et de pilotage pour les différents projets et l'animation d'ateliers lors de l'identification et de l'instruction de nouvelles interventions.

    Au nombre des principales activités, on relèvera particulièrement :

    • l'appui à l'instruction d'un nouveau projet d'envergure : "appui aux écoles de sciences infirmières du Rwanda" ; les synergies se développant entre les ministères ainsi qu'entre les lieux de formation et de stage constituent une innovation d'importance notable;
    • le démarrage du nouveau projet d'appui aux écoles agro-vétérinaires et son suivi à travers les rencontres avec les différents intervenants et les comités techniques de suivi;
    • le suivi du projet ACFJ (Appui aux Centres de Formation des Jeunes), qui s'est vu recadré cette année, a pris une ampleur appréciée tant par les bénéficiaires que par les autorités nationales ainsi que les représentants des autorités belges.



  5. EVOLUTION


    En 2004, les deux interventions auprès des écoles de Rwamagana et Kabgayi cesseront au profit du nouveau projet "d'appui aux Ecoles de Sciences Infirmières du Rwanda". Celuici, aura une portée "nationale" puisqu'il a pour objectif d'uniformiser la qualité de l'enseignement dans les écoles de sciences infirmières du Rwanda et le développement de l'approche par compétences. Cela s'effectuera par une intervention pédagogique auprès d'un plus grand nombre d'écoles d'infirmières et par une action au sein des ministères concernés afin d'officialiser et de pérenniser les actions menées.

    Le projet d'appui aux écoles agro-vétérinaires (EAVK) bénéficiera d'une évaluation à mi-parcours ; des activités de réhabilitation complémentaires et de formation, non planifiées dans le projet initial, seront réalisées au sein de l'école.

    Le projet d'appui aux Centres de Formation des Jeunes se poursuivra et visera notamment à consolider les principes de gestion. Une évaluation à mi-parcours doit également être effectuée dans le courant de l'année 2004.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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