Haïti en 2003 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
13-03-2006
  1. SITUATION


    En 2003, 67% de la population de la République d'Haïti vivait sous le seuil de pauvreté. Ce pays, où l'espérance de vie tourne autour de 50 ans et où il y a 1 médecin pour 11000 habitants est classé parmi les Pays les Moins Avancés (PMA) et reste le pays le moins développé des Amériques.

    Face à ce constat, le gouvernement haïtien a défini les lignes d'action suivantes :

    • promouvoir une croissance économique et un développement plus participatif, la tâche principale étant d'investir dans la population dont il faut libérer l'initiative, tout en établissant un lien étroit entre croissance économique et bien-être;
    • renforcer le secteur privé, les acteurs et mouvements sociaux qui cherchent à vivifier le tissu social;
    • dynamiser la lutte pacifique des majorités déshéritées réclamant continuellement : justice, transparence et participation.

    Ces lignes d'action se traduisent en terme de programmes stratégiques dans trois groupes de secteurs principaux : les secteurs productifs, les secteurs sociaux et les secteurs publics et ce, afin de lutter globalement contre la pauvreté.

    A ce jour, le gouvernement haïtien n'a pas pu mettre en oeuvre l'ensemble de ces programmes.

    La crise politique qui perdure depuis les élections contestées de mai 2000 a provoqué le gel des financements et a mis un frein aux activités de coopération de la communauté internationale. Dans ce contexte, l'APEFE est en attente d'un déblocage de la situation politico-économique du pays qui s'est fortement dégradée en 2003; elle a cependant opéré au cours de cette année un recentrage de ses interventions : sa stratégie actuelle consiste à se concentrer spécifiquement sur les secteurs prioritaires déterminés par le gouvernement haïtien, que sont, notamment l'amélioration de la qualité de l'éducation de base et la formation professionnelle. Ces dernières s'inscrivent dans le cadre du Plan national d'Education et de Formation (PNEF) que le Gouvernement a développé.


  2. INTERVENTIONS


    2.1 EDUCATION

    2.1.1. Formation professionnelle

    Le projet "Insertion Socioprofessionnelle des Jeunes" a été clôturé en janvier 2003. Les résultats de cette première phase pilote et les résultats de l'atelier participatif de planification dans le domaine de la mécanique automobile, organisé par l'APEFE en février 2003, ont débouché sur le montage d'une nouvelle intervention d'une durée de trois ans, intitulée "Projet de formation professionnelle en alternance et de soutien au développement économique local : appui à la filière mécanique automobile".

    Le dossier d'instruction, réalisé selon la méthode GPPI (Gestion participative et planifiée des interventions), ayant été signé par les partenaires le 11 septembre 2003, l'intervention a débuté en octobre 2003 et sera menée jusqu'en septembre 2006.

    Cette nouvelle intervention comporte quatre grands volets :
    • implantation d'un pôle technologique au Centre de formation canado technique qui représente l'antenne du réseau ;
    • organisation de formations de formateurs pour la mise à niveau des formateurs des centres de formation professionnelle et des techniciens des garages et concessionnaires : formation sur base modulaire - 3 modules de 3 jours pour des groupes de 10 à 12 formateurs ;
    • révision et/ou élaboration des nouveaux programmes de formation en électricité et en électronique dans le secteur de la mécanique auto ;
    • mise en oeuvre du système de formation en alternance (accompagnement des étudiants en stage en entreprise).

    En novembre 2003, les équipements et matériels didactiques ont été installés au centre de formation canado-technique. Consécutivement, les premières sessions de formation de formateurs en électricité / électronique auto ont démarré en novembre 2003. Le premier des quatre modules a été dispensé entre novembre et décembre 2003. Cette intervention est menée conjointement avec la région wallonne (opérateur : IFA-PME).

    2.1.2. Equipement scolaire et formation

    L'intervention de l'APEFE dans le secteur de l'enseignement supérieur visant le renforcement de l'enseignement des sciences, plus spécifiquement de la chimie, au sein de la faculté des sciences de l'Université d'Etat et de l'Ecole normale supérieure a été recentrée afin de répondre plus justement aux besoins exprimés par les partenaires. Cette intervention est le fruit d'une synergie avec la CUD fortement impliquée dans le projet.

    Ainsi, une nouvelle intervention intitulée "production de matériel didactique et renforcement de l'enseignement des sciences de base" a démarré en août 2003 et ce, pour une durée de trois ans. Elle comporte deux axes : d'une part, la production de matériel didactique pour l'enseignement des sciences dans le secondaire, et, d'autre part, le renforcement de la Faculté des Sciences de l'Université d'Etat d'Haïti et de l'Ecole normale supérieure (école de formation de formateurs) dans le domaine de l'enseignement des sciences.

    Une première phase en 2003-2004 consistera en la production du matériel didactique et sa distribution aux 125 écoles pilotes. Dans une deuxième phase en 2004-2005 le matériel sera expérimenté et le suivi pédagogique assuré ; enfin, une troisième phase 2005-2006 mettra en oeuvre la production du matériel en grande série par un réseau d'artisans pour un plus grand nombre d'établissements scolaires.

    Entre les mois d'août et de décembre 2003, les machines-outils destinées à l'atelier de recherche ont été expédiées de Belgique et installées au sein de la faculté des sciences de l'Université d'Etat d'Haïti.


  3. SUCCES


    La stagnation de l'économie haïtienne est indéniable. La demande de formation est forte mais les débouchés sont limités, la capacité d'absorption, par l'économie haïtienne, de la main d'oeuvre formée étant très réduite. Il est donc nécessaire de préparer le pays à une relance de l'économie, d'offrir la possibilité aux jeunes de se former et de leur permettre de s'intégrer sur le marché du travail ou de créer leur propre entreprise.

    En Haïti, le système de formation professionnelle s'inscrit dans un cadre multi-institutionnel, ce qui implique, d'une part, que les écoles n'aient aucun feedback sur les performances de leurs lauréats sur le marché du travail et, d'autre part, que les entreprises privées ne trouvent pas d'ouvriers et techniciens qualifiés répondant à leurs besoins spécifiques.

    Dans cette optique, l'intervention de "formation professionnelle en alternance et de soutien au développement économique local : appui à la filière mécanique automobile" a permis l'ouverture d'un espace d'échange et de dialogue entre les différents intervenants du secteur.

    Ainsi, à travers la mise en place du réseau et via les formations proposées aux techniciens/formateurs tant des centres de formation professionnelle que des concessionnaires et des garages, une passerelle est tendue entre les besoins, en formation pour les uns et en ouvriers qualifiés pour les autres.


  4. COORDINATION


    La coordination s'est particulièrement attelée en 2003 à permettre le démarrage et le suivi des deux interventions en cours malgré un contexte relativement perturbé.



  5. EVOLUTION


    Durant l'année 2004, la mission de l'APEFE en Haïti se concentrera principalement dans le secteur de l'éducation.

    La filière construction-bâtiment du projet "formation professionnelle en alternance et soutien au développement économique local" devrait faire l'objet d'un nouvel atelier de planification au début de l'année 2004.

    Les deux interventions commencées, respectivement en août et en septembre 2003 devraient faire l'objet d'une évaluation dans le courant de l'année 2004.

    L'évolution de la mission est conditionnée par l'évolution de la situation sociopolitique du pays.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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