Burundi en 2003 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
13-03-2006
  1. SITUATION


    Après une longue guerre civile, un gouvernement de transition a été mis en place le 1er novembre 2001, sur base des accords d'Arusha (août 2000). La transition à la tête de l'Etat a été opérée le 30 avril 2002.

    Les conséquences du conflit burundais sur les populations civiles sont multiples : malnutrition, analphabétisme, maladies, violations des droits de l'homme, destruction d'infrastructures (centre de santé, écoles, habitations…), inaccessibilité de certaines parties du territoire, etc. L'espérance de vie est de 41 ans : le paludisme, le SIDA, les Maladies Sexuellement Transmissibles, les maladies diarrhéiques, les affections respiratoires et la tuberculose constituent les principales causes de mortalité.

    60% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Selon le rapport mondial sur le développement humain (PNUD 2003), le Burundi occupe la 171ème place, suivant l'indice de développement.

    Dans ce contexte, les options stratégiques de l'APEFE au Burundi contribuent à lutter contre la paupérisation de la population et les problèmes de santé publique qui y sont liés. La redynamisation de l'enseignement technique, la lutte contre le sida et la promotion de la société civile s'intègrent dans les priorités du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP-1, mars 2002) et la stratégie globale de la Coopération fédérale belge (Note Stratégique intérimaire, septembre 2002).

    Enfin, après la conférence de Paris en 2000 et les tables rondes de Genève de 2001 et 2002, la Belgique a pris l'initiative d'organiser, conjointement avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), un nouveau forum des partenaires (13 - 14 janvier 2004). Le programme d'urgence de la deuxième phase de la transition a été présenté par les autorités. Celui-ci se divise en quatre axes : la relance économique, le renforcement des capacités pour une bonne gouvernance, la réforme des corps de défense et de sécurité et la réhabilitation des déplacés et des sinistrés. Les bailleurs se sont engagés à financer ce programme pour un montant total de 810 millions d'euros.


  2. INTERVENTIONS


    L'année 2003 a permis l'instruction de plusieurs interventions. Deux instructions sont en cours de finalisation dans les secteurs prioritaires. Bien qu'elles soient tributaires du calendrier des partenaires financiers (coopération fédérale belge, ONUSIDA), elles devraient débuter en 2004.

    2.1. POLITIQUE EN MATIÈRE DE POPULATION ET DE SANTÉ : Lutte contre le VIH SIDA
    Appui institutionnel au Ministère à la Présidence en charge de la Lutte contre le SIDA (MPLS) / Plan d'Action National de Lutte contre le VIH/SIDA 2002-2006 (PANLS).


    L'intervention aura des retombées directes pour le Ministère de la Santé Publique et les autres ministères techniques. En effet, le MPLS se caractérise par sa politique sectorielle et de coordination; une assistance technique sera chargée de renforcer la cellule Information - Education - Communication (IEC) dans le développement de ses activités, sur les aspects structurels, organisationnels, méthodologiques et organisationnels.

    Dans l'immédiat, une expertise de 6 mois devrait donner une impulsion à la cellule IEC et permettre l'instruction des deux autres interventions envisagées, à savoir :
    • la mise en place d'une politique IEC de prévention primaire en milieu scolaire et /ou universitaire, comme le recommandent l'OMS, l'ONUSIDA et l'UNICEF, par l'intégration de la problématique du VIH/SIDA au sein des programmes scolaires ;
    • l'application de cette politique IEC au sein du milieu associatif des femmes.


    2.2. FEMMES ET DÉVELOPPEMENT
    Appui au Ministère de l'Action Sociale et de la Promotion de la Femme par une intervention d'appui à la Maison des Femmes de Bujumbura (MFB)

    La MFB est une structure d'accueil, d'information et de formation destinée aux femmes en détresse.

    La coordination a apporté un appui méthodologique et un encadrement à la structure appuyée par le CGRI et la DRI. Une intensification des activités a été observée. Le partenaire institutionnel prend en charge les frais de fonctionnement (salaires, charges sociales, communication, eau et électricité) depuis janvier 2003. D'autre part, une expertise technique a facilité la mise en place d'un fonds de micro-crédits financé par la Région Wallonne.

    2.3. EDUCATION : formation professionnelle
    Renforcement du Bureau d'Etudes de l'Enseignement Technique et Professionnel (BEET) dans le cadre du projet de la coopération fédérale belge (DGCD/CTB) d'Appui structurel à l'enseignement secondaire technique et professionnel du Burundi.


    Une mission d'identification menée fin 2002 a mis en évidence la nécessité d'un appui en expertise pédagogique auprès du Bureau d'Etude de l'Enseignement Technique (BEET) chargé de la formation continue et de l'encadrement pédagogique des enseignants des écoles secondaires techniques et professionnelles.

    Quatre interventions sont envisagées pour les filières de génie mécanique, chimie appliquée, électro- mécanique, électronique-informatique dont le renforcement a été jugé prioritaire. La mission d'instruction programmée en mars 2004 permettra d'élaborer le dossier technique de l'intervention APEFE au sein du BEET.

    Renforcement des structures de formation, formation continuée et de formation de formateurs dans les filières techniques et professionnelles du département des sciences appliquées de l'Ecole Normale Supérieure (ENS).

    Parallèlement, une stratégie d'intervention au sein de l'Ecole Normale Supérieure (ENS) dans le cadre d'un appui éventuel à la formation des futurs formateurs de l'Enseignement Secondaire Technique et Professionnel a été identifiée et sera instruite prochainement. La stratégie sous-jacente est de pouvoir agir aussi bien au niveau de la formation initiale des enseignants (ENS) qu'au niveau de leur formation continue (BEET).

    2.4. GOUVERNEMENT ET SOCIÉTÉ CIVILE

    2.4.1. Liberté de la presse
    Appui à la professionnalisation et à la responsabilisation des cadres et journalistes de la Radio Télévision Nationale du Burundi.


    Deux missions de courte durée ont été organisées.

    La première, menée conjointement avec le Conseil International des Radios et Télévisions d'Expression Française (CIRTEF), avait pour objectif de former les techniciens-monteurs au montage numérique.

    La seconde a consisté en un programme de formation continue à l'attention des journalistes de la radio et de la télévision.

    L'élaboration d'une stratégie d'appui structurante à long terme est actuellement en cours.

    2.4.2. Développement des services sociaux légaux et judiciaires
    Appui à la mise en place au sein du Ministère de la Justice d'une structure de coordination des appuis extérieurs francophones en matière de coopération juridique et judiciaire.

    Dans le cadre de son programme "Paix, démocratie, justice", l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF) a sollicité l'APEFE dans le cadre du renforcement de l'appareil judiciaire burundais. Cette intervention fera l'objet d'une mission d'identification dans le courant du premier semestre 2004.

    2.4.3. Maintien de la Paix à l'issu d'un conflit
    Appui à la chaire UNESCO en Education à la Paix et à la Résolution des Conflits au sein de l'Université du Burundi.


    En collaboration avec les responsables locaux, l'APEFE apportera un appui méthodologique à la Chaire UNESCO et à la mise en place d'un DESS en Education à la Paix et à la Résolution des conflits. Ces appuis se dérouleront dans le cadre de coopération arrêté par l'Université de Bujumbura avec l'UNESCO et en collaboration avec la Commission Universitaire pour le Développement (CUD) du Conseil Inter-Universitaire de la Communauté Française de Belgique (CIUF).


  3. SUCCES


    Malgré le contexte difficile et instable, la reprise des activités de l'APEFE s'est traduite par la restauration des contacts avec les partenaires institutionnels et techniques locaux. La signature du nouvel accord cadre entre le gouvernement du Burundi et l'APEFE en témoigne et valide notre collaboration.

    D'autre part, la relance des contacts avec les partenaires du Nord (DGCD-CTB, ONUSIDA, CGRI, DRI, AIF) qui partagent nos priorités devraient se traduire par des synergies originales synonymes d'investissements importants en terme de moyens et de durée. Ces collaborations favorisent une approche de programmation régionale.


  4. COORDINATION


    Depuis la réouverture du bureau de coordination, en octobre 2002, le partenariat avec les institutions burundaises (ministères, autorités administratives et structures locales) a été assuré, le nouvel accord-cadre a été approuvé par les autorités compétentes, les dossiers techniques des interventions ont été élaborés de manière participative et validés par les partenaires techniques concernés.

    Les échanges avec l'ambassade de Belgique, les attachés de la DGCD, l'ONUSIDA, l'AIF et les différentes structures de l'Espace International Wallonie-Bruxelles ont été développés et entretenus. Ils contribuent aux bonnes relations de l'APEFE avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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