Burkina Faso en 2003 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
13-03-2006
  1. SITUATION


    Depuis qu'il est accepté que l'environnement ne se restreint pas au seul cadre biophysique, mais englobe aussi les aspects sociaux, économiques et culturels, le concept de gestion de l'environnement se présente comme une stratégie d'intervention, liant équilibre environnemental et développement.

    La préoccupation prioritaire pour la distribution d'eau et l'assainissement, la protection de l'environnement et les industries manufacturières doivent se lire à travers le concept de développement durable. Le choix des secteurs prioritaires pour les interventions de l'APEFE au Burkina Faso est indissociable de la stratégie développée dans la Déclaration de politique de développement agricole durable (DPDAD/1997) élaborée dans le cadre du Programme d'ajustement structurel pour le Secteur agricole (PASA).

    Dans le domaine de l'environnement, la CCD (Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification), élaborée suite au sommet de Rio (1992) est mise en oeuvre à travers le Plan d'action national pour l'environnement (PANE) et le Plan d'action national de lutte contre la désertification (PAN/LCD).

    Un Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) a été élaboré au Burkina Faso et approuvé par la BM et le FMI en juin 2000.

    Les objectifs majeurs poursuivis par le gouvernement à travers le CSLP sont l'accroissement du PIB/hab d'au moins 3% par an (jusque 2003) et de 4 à 5% (à partir de 2003), la réduction de l'incidence de la pauvreté de 45% à 30% en 2015 et l'amélioration de l'espérance de vie d'au moins dix ans.

    Conformément au sous-titre de son Programme quinquennal 2003-2007 : "pour le renforcement des capacités au service du développement", l'action de l'APEFE se concentre sur le troisième axe du CSLP - "élargir les opportunités en matière d'emploi et d'activités génératrices de revenus pour les pauvres" - en partant du principe qu'elle n'intervient pas directement auprès de la société civile mais renforce structurellement des "intervenants" locaux afin qu'ils puissent mieux remplir leurs fonctions auprès des populations défavorisées.


  2. INTERVENTIONS


    2.1. PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

    En novembre 2003, dans le but d'opérationnaliser la Politique forestière nationale adoptée en 1998, la Direction générale des Eaux et Forêts a engagé un processus de révision du Programme national d'Aménagement des Forêts (PNAF) adopté en 1996 et de relecture du Programme National de Foresterie villageoise (PNFV) de 1991 en un Programme national de Foresterie rurale (PNFR).

    Cette nouvelle dynamique au sein du Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie (MECV) confirme le choix effectué par l'APEFE en ce qui concerne ses secteurs de concentration.

    2.1.1. Diversité biologique

    L'organisation, en février 2003, d'un atelier participatif de planification a permis à l'administration burkinabè des Eaux et Forêts d'envisager, à partir de 2004 et avec la collaboration de la Région Wallonne, l'étude et l'exécution du schéma directeur d'aménagement et de gestion du Ranch de gibier de Nazinga. L'APEFE a donc choisi d'appuyer l'administration des Eaux et Forêts dans le but de "développer des modes de gestion raisonnés et participatifs des ressources naturelles".

    2.1.2. Education et formation environnementale

    Avec le soutien de de la coopération fédérale belge, une nouvelle intervention a démarré en août 2003 dans le but de participer au renforcement des capacités du Conseil national pour l'Environnement et le Développement durable (CONEDD); il s'agit d'accompagner le secteur privé dans le but de favoriser une meilleure structuration et une meilleure diffusion de l'information environnementale. L'appui de l'APEFE dans ce secteur consiste en la mise en place du Réseau d'information et de documentation environnementale du Burkina Faso (RIDEB). La coopérante en poste a déjà pu entamer l'évaluation des potentialités du futur réseau avec les homologues et le renforcement structurel des centres concernés. En outre, l'intervention de l'APEFE a permis de soutenir l'organisation d'un séminaire de formation des quarante-cinq directeurs provinciaux du Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie (MECV) sur des thèmes propres à la problématique de la protection de l'environnement ainsi que sur les méthodes de capitalisation de l'information et sur les techniques de planification du développement local et de l'évaluation environnementale.

    2.2. DISTRIBUTION ET ASSAINISSEMENT :
    Politique des ressources en eau et gestion administrative


    L'objectif global de la politique en matière d'eau est de contribuer au développement durable en apportant des solutions appropriées aux problèmes liés à l'eau, en favorisant notamment l'émergence d'une expertise nationale capable de concevoir, d'exécuter, d'exploiter et d'entretenir les dispositifs d'observation de la ressource et de son exploitation.

    C'est dans ce sens que l'APEFE exécute une intervention permettant la mise en place d'un laboratoire de terrain d'analyses des eaux avec la Direction générale de l'Amélioration du Cadre de vie (MECV) et le Centre régional pour l'Eau potable et l'Assainissement (CREPA). Ainsi, en 2003, l'équipement et la gestion d'un laboratoire partiellement mobile d'analyses chimiques et microbiologiques des eaux permet désormais un diagnostic rapide et "in situ" des pollutions d'eaux domestiques, industrielles et agricoles.

    Le projet APEFE/RW-DGACV/CREPA a d'abord assuré la formation de personnel technique pour la gestion du laboratoire et l'interprétation des résultats d'analyses. Ensuite, l'installation de la partie "biochimique" du laboratoire a été réalisée, de même que la réhabilitation des bâtiments par la partie burkinabè. L'inauguration officielle du site a été programmée en janvier 2004.

    Si l'intervention a contribué à la formation des cadres locaux et à l'installation du laboratoire des eaux, elle a également participé à la réalisation des tests d'analyse chimiques et microbiologiques, à la validation du protocole de gestion quotidienne du laboratoire, au démarrage de l'inventaire des sources potentielles de pollutions des eaux et au bilan de situation de qualité des eaux usées domestiques et industrielles au Burkina.

    L'activité la plus remarquable, en termes d'implication des acteurs du secteur et particulièrement en ce qui concerne les industriels, a été l'organisation du stage intensif de recyclage pour techniciens sur le thème du diagnostic et du traitement des eaux usées industrielles ainsi que celui sur la protection et la gestion qualitative des eaux souterraines.

    Il faut noter que l'organisation de stages, tels que l'APEFE l'a soutenue avec la DGACV et le CREPA, est emblématique d'une méthode de résolution participative des problèmes qui se posent aux populations de nos pays partenaires.

    2.3. INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES : agro-industries

    En apportant sa contribution à la politique de sécurité alimentaire et au renforcement de pôles commerciaux, l'APEFE s'est illustrée dans les résultats obtenus en matière de formation des opérateurs économiques des filières des produits forestiers non ligneux. Ce projet du Département de technologie alimentaire (DTA) s'est attelé à favoriser une "intégration verticale", c'est-à-dire une prise en compte plus approfondie de certains aspects de la filière gomme arabique comme l'implication des groupements de paysans, la production de gomme arabique de qualité (via la certification), l'amélioration génétique de l'acacia sénégal et la valorisation économique. L'intervention globalement démontré la faisabilité économique et technique des filières "gomme arabique" et "soumbala" au Burkina Faso, filières qu'il s'agit aujourd'hui de consolider par le renforcement des compétences et de la concertation de leurs acteurs.

    Cette consolidation des filières choisies s'accompagnera, d'ici fin 2004, de l'amélioration de la qualité des produits nationaux valorisés et de l'opérationnalisation d'équipements de transformation.

    Pour l'année 2003, les principaux acquis, sont d'avoir contribué à l'opérationnalisation d'équipements de base et à la formation tant des agents des structures d'appui que des agents du terrain. Plus particulièrement, les interventions au DTA se sont consacrées à la définition du rôle des acteurs des filières "gomme arabique" et "soumbala". Cet organigramme des filières agro-alimentaires prioritaires devrait être achevé dans le courant de l'année 2004. Les comités de coordination des filières "gomme arabique" et "soumbala" ont été installés en 2003 et devraient favoriser la mise en place des cadres de concertation.

    La perspective de ces interventions devrait trouver son aboutissement dans le courant de l'année 2004 et se transformer en un appui sous forme de missions d'expertise de courtes durées.

    2.4. GOUVERNEMENT ET SOCIÉTÉ CIVILE

    2.4.1. Administration gouvernementale

    L'intervention de l'APEFE a permis de capitaliser des expériences de gestion des collectivités locales et de les mettre à profit dans la mise en place des instruments d'accompagnement des nouvelles expériences de "communalisation". Courant 2003, une série d'ateliers a renforcé les actions d'intégration de démarches citoyennes dans la perspective du développement communal et,comme nous le verrons pour d'autres interventions, cette démarche de planification participative a permis aux acteurs de terrain et aux agents des services publics d'envisager les meilleures stratégies de résolution de leurs conflits. L'intervention de l'APEFE s'est achevée en septembre 2003 avec l'idée que les Unions des Villes et Communes de Wallonie et de Bruxelles étaient les opérateurs indiqués pour poursuivre éventuellement ce renforcement structurel de la décentralisation.

    2.4.2. Liberté de l'information

    L'intervention s'est achevée en septembre 2003 au terme d'un renforcement institutionnel du Centre africain de recherche et d'expertise sur les médias et la communication (CERAM). L'atelier de planification participative qui s'est déroulé en mars 2003 a dégagé les pistes pour une nouvelle intervention qui devrait démarrer avec le soutien de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF), en 2004. L'objectif général de cette intervention sera de renforcer le professionnalisme des médias burkinabè en améliorant l'organisation et les compétences internes des entreprises de presse.

    La dernière phase de l'action de l'APEFE en soutien à la mise en place de structures de formation à l'attention des professionnels des métiers de l'information et de la communication, s'achèvera donc avec cette nouvelle intervention planifiée pour une quinzaine de mois et consacrée à l'analyse et au renforcement "in situ" des capacités des entreprises de presse.

    2.5. SANTÉ : Formation de personnel de santé

    Cette intervention répond à l'ambition de l'APEFE de soutenir la mise en place de structures de formation spécialisées à l'attention des professionnels de la pratique pharmaceutique au Burkina Faso, avec pour pratique fédératrice la lutte contre l'ostéomyélite osseuse, infection aiguë ou chronique de l'os. En Afrique, cette maladie essentiellement chronique reste à l'heure actuelle un des problèmes les plus sérieux de la pathologie de l'appareil locomoteur. Plus concrètement, les acquis peuvent se décliner de la manière suivante :
    • rédaction et direction d'une série de travaux pratiques intitulée "Bonnes pratiques de fabrication en zone stérile" dans le cadre de la formation en galénique et biopharmacie des étudiants de dernière année en pharmacie et du DESS Pharmacien d'industrie;
    • mise au point des méthodes d'ensemencement et de repiquage des souches microbiennes de référence, d'identification de souches, d'utilisation d'antibiogrammes;
    • rédaction du protocole des méthodes de contrôle de stérilité de la salle et du gel final;
    • rédaction des procédures pour la préparation des milieux de culture et la conservation des souches de référence;
    • réalisation des premiers gels (concentration en gentamicine, essais de viscosité, …);
    • réalisation des tests relatifs à la stérilité des gels et de la salle; réalisation des tests de dissolution in vitro; mise au point sur le tableur Excel d'un programme de calcul du pourcentage de libération des gels testés.

    Outre l'installation proprement dite de la "chambre blanche", l'intervention a, cette année, contribué à la réalisation d'un gel dont la libération de principe actif en milieu in vitro est optimale et dont les modalités de fabrication et d'analyse sont parfaitement maîtrisées.

    Notons que les parties prenantes à l'intervention de l'APEFE sont enthousiastes quant à la mise en place effective d'une formation professionnalisante comme en atteste le développement des thèses et travaux de recherche dans les services de galénique.

    Les critères pour le terme de l'intervention seront réunis d'ici la fin du premier semestre 2004, le projet reposant désormais sur des "homologues", spécialistes en chimie analytique et en galénique.

    2.6. POLITIQUE EN MATIÈRE DE POPULATION/SANTÉ ET FERTILITÉ :
    Lutte contre le VIH/sida


    Au Centre Muraz de Bobo-Dioulasso, l'intervention de l'APEFE a favorisé le développement endogène d'une structure de formation en sciences de l'Homme appliquées au développement et à l'évaluation des interventions. Cette structure induit, au sein du ministère burkinabè de la Santé et plus spécifiquement au sein du Centre MURAZ, une nouvelle approche au niveau des réformes du système de santé.

    Partant du constat que la mise en oeuvre d'actions transversales et la participation de la société civile est freinée à cause de la compétition entre les différentes entités devant collaborer dans la lutte contre le VIH/Sida, l'APEFE a voulu, sur base de la stratégie élaborée lors de l'atelier participatif de planification de juin 2003, s'appuyer sur les résultats de son action au Centre Muraz pour donner à la méthode SHADEI/Burkina sa véritable dimension de réponse innovatrice au VIH/SIDA et d'outil du développement participatif décentralisé.

    Toutefois, la mise en réseau de la communication entre la société civile, les divers partenaires au développement, le système de santé et le Secrétariat permanent du Comité national de lutte contre le sida (SP/CNLS) nécessite la présence d'un organe indépendant d'évaluation et de monitoring capable d'assurer une médiation pour améliorer la communication entre les entités. En outre, par ses capacités d'évaluation et de monitoring, l'organe assurerait une meilleure prise en compte des différents contextes, de l'implication des membres du réseau et de la traçabilité des ressources utilisées.

    En 2003, cette intervention était dans une phase transitoire. Lors d'une mission au siège de l'ONUSIDA à Genève et suite à des rencontres avec son représentant local, l'APEFE a pu identifier les conditions d'amélioration du partenariat en particulier dans les domaines du plaidoyer, de la mobilisation des ressources et du suivi-évaluation.

    C'est ainsi que l'APEFE a pu constater que si divers individus et institutions sont, au niveau local et national, déjà formés et impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA, la formalisation des relations entre ces entités et la distribution des compétences ne permet pas d'optimaliser les réponses locales pour les étendre, ni de stimuler des actions transversales. La participation des cadres des différents projets de développement, de personnes-ressources dans la société civile, de cliniciens de terrain et de spécialistes des sciences humaines du SP-CNLS au suivi-évaluation-médiation que propose la méthode SHADEI, améliorerait sensiblement la compréhension mutuelle et l'interaction des entités entre elles.

    Cette approche pourrait, dans le moyen terme et dans le cadre de la coopération Sud-Sud, participer à créer un cadre de concertation national et sous-régional réunissant les institutions africaines afin de discuter des actions à partir des évidences du terrain et des bonnes pratiques de travail, telles que les principes d'une réforme des services publics (conditions de motivation des acteurs, revalorisation salariale, etc.).

    2.7. EDUCATION : Politique de l'éducation et gestion administrative

    Impliquant des structures de formation et des candidats du Bénin, du Togo, du Mali et du Niger, le programme de formation "Développement et éducation des adultes" (DEDA) est novateur car il vise à susciter plus durablement une pratique de réflexion quant à la mise sur pied et la gestion de projets de formation de formateurs. L'année 2003 a consacré la sortie des premiers candidats recrutés en 2001 et a vu s'organiser le recrutement de la deuxième promotion (recrutement de 34 candidats, soit 24 hommes et 10 femmes pour la deuxième promotion du programme de licence) et, dans son prolongement, l'organisation de l'atelier de départ pour cette nouvelle série de candidats.

    Plus spécifiquement, les acquis de l'intervention consistent d'abord en un renforcement des structures de gouvernance du projet DEDA par une meilleure définition des tâches et en la pérennisation de l'intervention via la désignation et l'entrée en fonction des homologues. L'APEFE a également soutenu le projet DEDA dans ses démarches d'accréditation du diplôme de licence DEDA par le Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES). Enfin, le projet DEDA peut se définir également comme un Centre de ressources, de formation et d'analyses en éducation des adultes et développement.

    Par ailleurs, et dès le début de 2004, une intervention de longue durée a fixé pour objectif d'apporter son soutien à l'extension de l'éducation des jeunes filles en Afrique en répondant à la requête du Centre international pour l'éducation des filles et des femmes en Afrique (CIEFFA). Ce Centre devrait jouer un rôle pilote en Afrique de l'Ouest et centrale en développant des expériences novatrices en vue de renforcer l'égalité des genres devant l'éducation. Les partenaires de ce projet sont le Ministère burkinabè de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation, l'Agence intergouvernementale de la Francophonie et l'UNESCO.

    2.8. CULTURE

    Pour le Programme de relance de la formation aux métiers de l'image et du son (PROFIS), l'intervention de l'APEFE a, dans le courant de l'année 2003, apporté un appui institutionnel et logistique à la réalisation complète de la deuxième année du cycle de spécialisation. Après le cycle de stage en 2000-2001 et le cycle de spécialisation en 2002-2003, nous pouvons désormais considérer que l'appui a favorisé le renforcement des compétences dans les métiers de l'image et du son. Il reste cependant à l'intervention à soutenir la mise en place des différents organes indispensables à l'ouverture en septembre 2004 de l'Institut régional de l'image et du son. Nous pouvons noter le renouvellement, par arrêté ministériel du 4 août 2003, de l'organigramme Direction de la Cinématographie nationale (DCN) et plus particulièrement l'effectivité d'un service "formation". La qualité du partenariat institutionnel entre la DCN et l'Institut des Arts de Diffusion de Louvain-La-Neuve nourrit nos espoirs quant à la pérennisation de l'intervention dont le terme est prévu pour fin 2004.


  3. SUCCES


    L'Unité de formation et de recherche en Sciences de la Santé de l'Université de Ouagadougou et l'Université Libre de Bruxelles entretiennent des relations de coopération depuis plus de 20 ans. Ces relations se sont plus spécifiquement concrétisées dans le domaine pharmaceutique, par la création et l'équipement de l'Institut de Recherche sur les Substances Naturelles (IRSN), devenu l'Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), par la construction et l'équipement d'une unité d'extraction de plantes médicinales, par la construction et l'équipement d'une unité de production pharmaceutique destinée à la fabrication de formes sèches et par la formation, à l'ULB, d'une quarantaine de pharmaciens burkinabè dont une dizaine de docteurs en sciences pharmaceutiques.

    Depuis 1995, l'intervention de l'APEFE a favorisé le développement d'un pôle de formation pharmaceutique universitaire.Après une longue activité dans le domaine de la formation universitaire de base des pharmaciens, l'APEFE a voulu répondre à la volonté du partenaire burkinabè de développer la formation de cadres spécialisés dans les technologies pharmaceutiques semi-industrielles.

    La palette de cette intervention multiforme, dont l'APEFE a constitué en quelque sorte le fil rouge, est extraordinairement vaste : intervention dans les disciplines de la chimie analytique, de la toxicologie, de la biochimie, de la pharmacologie, de la micro-biologie, de la pharmacognosie, de la chimie thérapeutique et de pharmacie galénique, équipement scientifique complet de deux laboratoires d'enseignement en chimie analytique et en pharmacie galénique (financés par le projet de coopération institutionnelle universitaire (CIUF-CUD) et appui à la formation pharmaceutique universitaire (deux interventions de l'APEFE consistant à organiser la durabilité de la formation pratique des étudiants et quatre missions annuelles de professeurs-visiteurs, dont deux prises en charge par l'ULB et deux par le CGRI pour les cours théoriques).

    Depuis janvier 2000, un important projet de coopération universitaire institutionnelle a été mis en place en vue de renforcer le traitement des ostéomyélites chroniques.

    Suite aux interventions successives de l'APEFE, à l'appui technique de la CUD et aux formations suivies par des Burkinabè à l'ULB, l'institution universitaire burkinabè s'est dotée d'un cadre professionnel capable de former des pharmaciens. Après l'organisation de la formation de base des pharmaciens, l'étape suivante dont s'est investie l'université est la formation de docteurs en sciences pharmaceutiques et de pharmaciens spécialisés en technologies pharmaceutiques industrielles. Le choix de l'installation d'une salle stérile, dite aussi "chambre blanche", s'inscrit dans la volonté de former des pharmaciens aux technologies pharmaceutiques semi-industrielles (TPSI). Par la complexité de son installation, de son fonctionnement, de sa maintenance et du travail précis qu'elle nécessite, la salle stérile, qui malgré son espace confiné reprend la plupart des exigences imposées en milieu pharmaceutique industriel, est donc l'outil idéal pour la formation professionnalisante des pharmaciens. Ces projets de recherche appliquée permettront à l'APEFE de soutenir tant la formation en cours d'emploi que le transfert de technologies et de savoir-faire.


  4. COORDINATION


    Comme attendu, toutes les interventions ont été amenées, courant 2003, à respecter les procédures de programmation des interventions de l'APEFE.

    A propos des procédures de cogestion et de concertation, certains de nos partenaires burkinabè n'ont pas manqué de faire remarquer que la formule de programmation et de suivi des interventions proposée par l'APEFE est une démarche structurante dans leur propre champ institutionnel.

    La coordination locale est impliquée à tous les niveaux du déroulement d'une intervention. Dans le même sens, un contact permanent est assuré avec les coopérants notamment par des visites régulières au sein des institutions partenaires et par des réunions bimestrielles de l'équipe APEFE.

    Le travail spécifique du coordonnateur durant cette année s'est focalisé sur les secteurs prioritaires définis dans le Programme quinquennal. Il est à remarquer que cette concentration sectorielle demande à la coordination une connaissance plus approfondie des domaines traités par les interventions et dès lors un travail plus important d'examen et d'objectivation des interventions.

    Cette entreprise ne se départit cependant pas de la stratégie de concertation mise en place à travers les procédures de programmation des interventions. Ce travail de concertation a été rendu crédible par une forte présence d'experts et de partenaires institutionnels rattachés à l'instruction, au suivi, au pilotage et à l'évaluation des interventions.

    L'implication de nos partenaires burkinabè s'est, en 2003, particulièrement signalée à travers la tenue de quatre ateliers de planification participative.

    La présence de l'expertise et le suivi des interventions sont renforcés par la tenue d'une concertation récurrente avec les autres partenaires au développement : les réunions mensuelles de belgocoordination ; les comités d'orientation, de suivi et de contrôle (COSC) de la DGCD ; les réunions mensuelles de la coordination européenne organisées par la Délégation de la Commission européenne, les réunions mensuelles de coordination de la coopération belge organisée par l'Ambassade.

    Notons également que le bureau local de l'APEFE participe activement à la réunion bimestrielle de concertation des bailleurs impliqués dans la mise en oeuvre de la Convention internationale de lutte contre la Désertification (CCD). Cette année, la coordination a épaulé l'ambassade des Pays- Bas, chef de file pour les questions d'environnement, dans sa présentation de la contribution desdits bailleurs à la revue annuelle du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. En effet, le système de suivi et d'évaluation mis en place prévoit des revues annuelles comme moyen de communication et de dialogue avec l'ensemble des partenaires (administration, société civile, secteur privé et partenaires techniques et financiers) permettant d'améliorer la coordination, la cohérence, et l'efficacité des politiques. L'exercice de la revue annuelle est réalisé dans le cadre d'un atelier dit d'évaluation au cours duquel un regard rétrospectif a lieu en vue d'évaluer les résultats atteints et d'apporter des mesures dynamisantes et correctives. A cet égard, l'APEFE a participé, avec une attention particulière, à la problématique de l'environnement, aux travaux de validation du rapport d'évaluation 2000-2002 de mise en oeuvre du CSLP en juillet 2003.

    Une mission de suivi pour le compte de la coopération fédérale belge a eu lieu du 11 au 15 juin. Cette mission a permis de procéder à l'évaluation de l'appropriation des interventions de l'APEFE par les partenaires burkinabè et à l'analyse de la mise en oeuvre des engagements du programme quinquennal. Lors de cette mission, l'évaluateur a apprécié le travail effectué dans la perspective d'une concentration dans les secteurs prioritaires, soulignant qu'une relecture de ces secteurs avantagerait une action de l'APEFE dans le secteur de l'éducation pour le développement, secteur assez bien illustré par les interventions "Shadei/MURAZ", "éducation des adultes", "information environnementale " voire "éducation des filles".



  5. EVOLUTION


    Globalement, en terme de bilan pour l'année 2003 et de perspectives pour l'année 2004, il faut noter qu'une réorientation des pistes de prospection et des identifications s'est effectuée à la faveur des secteurs prioritaires définis dans le programme quinquennal 2003- 2007.

    La diversification des modalités d'intervention est, avec la multiplication des partenariats, un des résultats positifs importants des interventions de l'APEFE au Burkina Faso. En effet, à l'instar de l'intervention à la Direction de la Cinématographie nationale, une articulation de plus en plus complémentaire entre mission de longue durée et missions de courte durée pour la mise en oeuvre du Programme de formation aux métiers de l'image et du son (PROFIS) a trouvé sa pertinence dans la signature d'une convention entre la DCN et l'IAD. Cette convention, ainsi que la partenariat qui la justifie, permettra à l'APEFE de mettre fin à son intervention actuelle d'ici la fin de 2004.

    Le développement d'une culture de l'évaluation a illustré la mise en place efficiente des structures de cogestion et la capacité de la mission APEFE au Burkina Faso à inscrire ses interventions dans des structures pérennes de formation.

    Les structures et institutions renforcées ont principalement été, jusqu'en 2002, des structures d'enseignement supérieur et de recherche scientifique.

    A ce jour et dans le cadre des secteurs prioritaires définis, l'Institut de l'environnement et des recherches agricoles (INERA), l'Institut de recherche en sciences appliquées et en technologies (IRSAT), et le Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), permettent à l'APEFE d'appuyer ses interventions au sein du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie et, plus généralement, dans le développement rural.

    Si les années 2002 et 2003 ont permis la mise en place des procédures de programmation des interventions, l'année 2004 devrait confirmer l'identification de nouvelles interventions conformément aux secteurs prioritaires définis dans le Programme quinquennal 2003-2007.

    En terme de points à améliorer, le renforcement de la logique de programme est une priorité qui se réalisera à travers la concentration effective des interventions de l'APEFE sur les secteurs prioritaires. Cela devrait incontestablement passer par le renforcement structurel et qualitatif du bureau de coordination.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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