2.1. PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT
En novembre 2003, dans le but d'opérationnaliser la Politique forestière nationale adoptée en 1998,
la Direction générale des Eaux et Forêts a engagé un processus de révision du Programme national
d'Aménagement des Forêts (PNAF) adopté en 1996 et de relecture du Programme National
de Foresterie villageoise (PNFV) de 1991 en un Programme national de Foresterie rurale (PNFR).
Cette nouvelle dynamique au sein du Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie (MECV)
confirme le choix effectué par l'APEFE en ce qui concerne ses secteurs de concentration.
2.1.1. Diversité biologique
L'organisation, en février 2003, d'un
atelier participatif de planification a
permis à l'administration burkinabè
des Eaux et Forêts d'envisager, à partir
de 2004 et avec la collaboration de la
Région Wallonne, l'étude et l'exécution
du schéma directeur d'aménagement
et de gestion du Ranch de gibier
de Nazinga. L'APEFE a donc choisi
d'appuyer l'administration des Eaux et
Forêts dans le but de "développer des
modes de gestion raisonnés et participatifs
des ressources naturelles".
2.1.2. Education et formation environnementale
Avec le soutien de de la coopération fédérale belge, une nouvelle intervention a démarré en août
2003 dans le but de participer au renforcement des capacités du Conseil national pour
l'Environnement et le Développement durable (CONEDD); il s'agit d'accompagner le secteur
privé dans le but de favoriser une meilleure structuration et une meilleure diffusion de l'information
environnementale. L'appui de l'APEFE dans ce secteur consiste en la mise en place du Réseau
d'information et de documentation environnementale du Burkina Faso (RIDEB). La coopérante
en poste a déjà pu entamer l'évaluation des potentialités du futur réseau avec les homologues et le
renforcement structurel des centres concernés. En outre, l'intervention de l'APEFE a permis de
soutenir l'organisation d'un séminaire de formation des quarante-cinq directeurs provinciaux du
Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie (MECV) sur des thèmes propres à la problématique
de la protection de l'environnement ainsi que sur les méthodes de capitalisation de l'information
et sur les techniques de planification du développement local et de l'évaluation environnementale.
2.2. DISTRIBUTION ET ASSAINISSEMENT :
Politique des ressources en eau et gestion administrative
L'objectif global de la politique en matière d'eau est de contribuer au développement durable en
apportant des solutions appropriées aux problèmes liés à l'eau, en favorisant notamment l'émergence
d'une expertise nationale capable de concevoir, d'exécuter, d'exploiter et d'entretenir les dispositifs
d'observation de la ressource et de son exploitation.
C'est dans ce sens que l'APEFE exécute une intervention permettant la mise en place d'un laboratoire
de terrain d'analyses des eaux avec la Direction générale de l'Amélioration du Cadre de vie
(MECV) et le Centre régional pour l'Eau potable et l'Assainissement (CREPA). Ainsi, en 2003,
l'équipement et la gestion d'un laboratoire partiellement mobile d'analyses chimiques et microbiologiques
des eaux permet désormais un diagnostic rapide et "in situ" des pollutions d'eaux
domestiques, industrielles et agricoles.
Le projet APEFE/RW-DGACV/CREPA a d'abord assuré la formation de personnel technique
pour la gestion du laboratoire et l'interprétation des résultats d'analyses. Ensuite, l'installation de la
partie "biochimique" du laboratoire a été réalisée, de même que la réhabilitation des bâtiments par
la partie burkinabè. L'inauguration officielle du site a été programmée en janvier 2004.
Si l'intervention a contribué à la formation des cadres locaux et à l'installation du laboratoire des
eaux, elle a également participé à la réalisation des tests d'analyse chimiques et microbiologiques,
à la validation du protocole de gestion quotidienne du laboratoire, au démarrage de l'inventaire des
sources potentielles de pollutions des eaux et au bilan de situation de qualité des eaux usées domestiques
et industrielles au Burkina.
L'activité la plus remarquable, en termes d'implication des acteurs du secteur et particulièrement
en ce qui concerne les industriels, a été l'organisation du stage intensif de recyclage pour techniciens
sur le thème du diagnostic et du traitement des eaux usées industrielles ainsi que celui sur
la protection et la gestion qualitative des eaux souterraines.
Il faut noter que l'organisation de stages, tels que l'APEFE l'a soutenue avec la DGACV et le
CREPA, est emblématique d'une méthode de résolution participative des problèmes qui se posent
aux populations de nos pays partenaires.
2.3. INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES : agro-industries
En apportant sa contribution à la politique de sécurité alimentaire et
au renforcement de pôles
commerciaux, l'APEFE s'est illustrée dans les résultats obtenus en
matière de formation des opérateurs
économiques des filières des produits forestiers non ligneux. Ce projet
du Département de
technologie alimentaire (DTA) s'est attelé à favoriser une "intégration
verticale", c'est-à-dire une
prise en compte plus approfondie de certains aspects de la filière
gomme arabique comme l'implication
des groupements de paysans, la production de gomme arabique de qualité
(via la certification),
l'amélioration génétique de l'acacia sénégal et la valorisation
économique. L'intervention globalement démontré la faisabilité
économique et technique des filières "gomme arabique" et
"soumbala" au Burkina Faso, filières qu'il s'agit aujourd'hui de
consolider par le renforcement des
compétences et de la concertation de leurs acteurs.
Cette consolidation des filières choisies s'accompagnera, d'ici fin 2004, de l'amélioration de la qualité
des produits nationaux valorisés et de l'opérationnalisation d'équipements de transformation.
Pour l'année 2003, les principaux acquis, sont d'avoir contribué à l'opérationnalisation d'équipements
de base et à la formation tant des agents des structures d'appui que des agents du terrain.
Plus particulièrement, les interventions au DTA se sont consacrées à la définition du rôle des
acteurs des filières "gomme arabique" et "soumbala". Cet organigramme des filières agro-alimentaires
prioritaires devrait être achevé dans le courant de l'année 2004. Les comités de coordination
des filières "gomme arabique" et "soumbala" ont été installés en 2003 et devraient favoriser la mise
en place des cadres de concertation.
La perspective de ces interventions devrait trouver son aboutissement dans le courant de l'année
2004 et se transformer en un appui sous forme de missions d'expertise de courtes durées.
2.4. GOUVERNEMENT ET SOCIÉTÉ CIVILE
2.4.1. Administration gouvernementale
L'intervention de l'APEFE a permis de capitaliser des expériences de gestion des collectivités
locales et de les mettre à profit dans la mise en place des instruments d'accompagnement des nouvelles
expériences de "communalisation". Courant 2003, une série d'ateliers a renforcé les actions
d'intégration de démarches citoyennes dans la perspective du développement communal et,comme
nous le verrons pour d'autres interventions, cette démarche de planification participative a permis
aux acteurs de terrain et aux agents des services publics d'envisager les meilleures stratégies de résolution
de leurs conflits. L'intervention de l'APEFE s'est achevée en septembre 2003 avec l'idée que
les Unions des Villes et Communes de Wallonie et de Bruxelles étaient les opérateurs indiqués pour
poursuivre éventuellement ce renforcement structurel de la décentralisation.
2.4.2. Liberté de l'information
L'intervention s'est achevée en septembre 2003 au terme d'un renforcement institutionnel du
Centre africain de recherche et d'expertise sur les médias et la communication (CERAM). L'atelier
de planification participative qui s'est déroulé en mars 2003 a dégagé les pistes pour une nouvelle
intervention qui devrait démarrer avec le soutien de l'Agence intergouvernementale de la
Francophonie (AIF), en 2004. L'objectif général de cette intervention sera de renforcer le professionnalisme
des médias burkinabè en améliorant l'organisation et les compétences internes des
entreprises de presse.
La dernière phase de l'action de l'APEFE en soutien à la mise en place de structures de formation
à l'attention des professionnels des métiers de l'information et de la communication, s'achèvera
donc avec cette nouvelle intervention planifiée pour une quinzaine de mois et consacrée à l'analyse
et au renforcement "in situ" des capacités des entreprises de presse.
2.5. SANTÉ : Formation de personnel de santé
Cette intervention répond à l'ambition de l'APEFE de soutenir la mise en place de structures de formation
spécialisées à l'attention des professionnels de la pratique pharmaceutique au Burkina Faso, avec
pour pratique fédératrice la lutte contre l'ostéomyélite osseuse, infection aiguë ou chronique de l'os.
En Afrique, cette maladie essentiellement chronique reste à l'heure actuelle un des problèmes les plus
sérieux de la pathologie de l'appareil locomoteur. Plus concrètement, les acquis peuvent se décliner de
la manière suivante :
- rédaction et direction d'une série de travaux pratiques intitulée "Bonnes pratiques de fabrication
en zone stérile" dans le cadre de la formation en galénique et biopharmacie des étudiants de dernière
année en pharmacie et du DESS Pharmacien d'industrie;
- mise au point des méthodes d'ensemencement et de repiquage des souches microbiennes de
référence, d'identification de souches, d'utilisation d'antibiogrammes;
- rédaction du protocole des méthodes de contrôle de stérilité de la salle et du gel final;
- rédaction des procédures pour la préparation des milieux de culture et la conservation des
souches de référence;
- réalisation des premiers gels (concentration en gentamicine, essais de viscosité, …);
- réalisation des tests relatifs à la stérilité des gels et de la salle; réalisation des tests de dissolution in
vitro; mise au point sur le tableur Excel d'un programme de calcul du pourcentage de libération
des gels testés.
Outre l'installation proprement dite de la "chambre blanche", l'intervention a, cette année, contribué
à la réalisation d'un gel dont la libération de principe actif en milieu in vitro est optimale et
dont les modalités de fabrication et d'analyse sont parfaitement maîtrisées.
Notons que les parties prenantes à l'intervention de l'APEFE sont enthousiastes quant à la mise en
place effective d'une formation professionnalisante comme en atteste le développement des thèses
et travaux de recherche dans les services de galénique.
Les critères pour le terme de l'intervention seront réunis d'ici la fin du premier semestre 2004, le
projet reposant désormais sur des "homologues", spécialistes en chimie analytique et en galénique.
2.6. POLITIQUE EN MATIÈRE DE POPULATION/SANTÉ ET FERTILITÉ :
Lutte contre le VIH/sida
Au Centre Muraz de Bobo-Dioulasso, l'intervention de l'APEFE a favorisé le développement
endogène d'une structure de formation en sciences de l'Homme appliquées au développement et
à l'évaluation des interventions. Cette structure induit, au sein du ministère burkinabè de la Santé
et plus spécifiquement au sein du Centre MURAZ, une nouvelle approche au niveau des réformes
du système de santé.
Partant du constat que la mise en oeuvre d'actions transversales et la participation de la société civile
est freinée à cause de la compétition entre les différentes entités devant collaborer dans la lutte
contre le VIH/Sida, l'APEFE a voulu, sur base de la stratégie élaborée lors de l'atelier participatif
de planification de juin 2003, s'appuyer sur les résultats de son action au Centre Muraz pour donner
à la méthode SHADEI/Burkina sa véritable dimension de réponse innovatrice au VIH/SIDA
et d'outil du développement participatif décentralisé.
Toutefois, la mise en réseau de la communication entre la société civile, les divers partenaires au
développement, le système de santé et le Secrétariat permanent du Comité national de lutte contre
le sida (SP/CNLS) nécessite la présence d'un organe indépendant d'évaluation et de monitoring
capable d'assurer une médiation pour améliorer la communication entre les entités. En outre, par
ses capacités d'évaluation et de monitoring, l'organe assurerait une meilleure prise en compte des
différents contextes, de l'implication des membres du réseau et de la traçabilité des ressources utilisées.
En 2003, cette intervention était dans une phase transitoire. Lors d'une mission au siège de
l'ONUSIDA à Genève et suite à des rencontres avec son représentant local, l'APEFE a pu identifier
les conditions d'amélioration du partenariat en particulier dans les domaines du plaidoyer, de
la mobilisation des ressources et du suivi-évaluation.
C'est ainsi que l'APEFE a pu constater que si divers individus et institutions sont, au niveau local
et national, déjà formés et impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA, la formalisation des relations
entre ces entités et la distribution des compétences ne permet pas d'optimaliser les réponses
locales pour les étendre, ni de stimuler des actions transversales. La participation des cadres des différents
projets de développement, de personnes-ressources dans la société civile, de cliniciens de
terrain et de spécialistes des sciences humaines du SP-CNLS au suivi-évaluation-médiation que
propose la méthode SHADEI, améliorerait sensiblement la compréhension mutuelle et l'interaction
des entités entre elles.
Cette approche pourrait, dans le moyen terme et dans le cadre de la coopération Sud-Sud, participer
à créer un cadre de concertation national et sous-régional réunissant les institutions africaines
afin de discuter des actions à partir des évidences du terrain et des bonnes pratiques de travail, telles
que les principes d'une réforme des services publics (conditions de motivation des acteurs, revalorisation
salariale, etc.).
2.7. EDUCATION : Politique de l'éducation et gestion administrative
Impliquant des structures de formation et des candidats du Bénin,
du Togo, du Mali et du Niger, le programme de formation
"Développement et éducation des adultes" (DEDA) est novateur car
il vise à susciter plus durablement une pratique de réflexion quant à
la mise sur pied et la gestion de projets de formation de formateurs.
L'année 2003 a consacré la sortie des premiers candidats recrutés en
2001 et a vu s'organiser le recrutement de la deuxième promotion
(recrutement de 34 candidats, soit 24 hommes et 10 femmes pour
la deuxième promotion du programme de licence) et, dans son prolongement,
l'organisation de l'atelier de départ pour cette nouvelle
série de candidats.
Plus spécifiquement, les acquis de l'intervention consistent
d'abord
en un renforcement des structures de gouvernance du projet
DEDA par une meilleure définition des tâches et en la pérennisation
de l'intervention via la désignation et l'entrée en fonction des
homologues. L'APEFE a également soutenu le projet DEDA dans ses
démarches d'accréditation du
diplôme de licence DEDA par le Conseil africain et malgache pour
l'enseignement supérieur
(CAMES). Enfin, le projet DEDA peut se définir également comme un
Centre de ressources, de
formation et d'analyses en éducation des adultes et développement.
Par ailleurs, et dès le début de 2004, une intervention de longue durée a fixé pour objectif d'apporter
son soutien à l'extension de l'éducation des jeunes filles en Afrique en répondant à la requête
du Centre international pour l'éducation des filles et des femmes en Afrique (CIEFFA). Ce
Centre devrait jouer un rôle pilote en Afrique de l'Ouest et centrale en développant des expériences
novatrices en vue de renforcer l'égalité des genres devant l'éducation. Les partenaires de ce
projet sont le Ministère burkinabè de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation, l'Agence
intergouvernementale de la Francophonie et l'UNESCO.
2.8. CULTURE
Pour le Programme de relance de la formation aux métiers de l'image et du son (PROFIS), l'intervention
de l'APEFE a, dans le courant de l'année 2003, apporté un appui institutionnel et logistique
à la réalisation complète de la deuxième année du cycle de spécialisation. Après le cycle de stage en
2000-2001 et le cycle de spécialisation en 2002-2003, nous pouvons désormais considérer que l'appui
a favorisé le renforcement des compétences dans les métiers de l'image et du son. Il reste cependant
à l'intervention à soutenir la mise en place des différents organes indispensables à l'ouverture en
septembre 2004 de l'Institut régional de l'image et du son. Nous pouvons noter le renouvellement,
par arrêté ministériel du 4 août 2003, de l'organigramme Direction de la Cinématographie nationale
(DCN) et plus particulièrement l'effectivité d'un service "formation". La qualité du partenariat institutionnel
entre la DCN et l'Institut des Arts de Diffusion de Louvain-La-Neuve nourrit nos espoirs
quant à la pérennisation de l'intervention dont le terme est prévu pour fin 2004.