Rwanda en 2002 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-03-2006
  1. Situation


    La guerre et les événements tragiques de 1994 ont eu notamment comme effet direct de graves carences en ressources humaines au niveau des cadres et des techniciens qualifiés. Face à cette situation, l'APEFE a la volonté d'appuyer certaines initiatives de formation jugées nécessaires par le Gouvernement rwandais.

    Dans le cadre de ses programmes prioritaires, définis dans le Poverty Reduction Strategy Paper (PRSP), le Gouvernement rwandais s'est donné six domaines d'actions privilégiés :

    o la transformation agricole et le développement rural ;
    o le développement des ressources humaines et l'amélioration de la qualité de la vie ;
    o le développement des infrastructures économiques ;
    o la bonne gouvernance ;
    o la promotion du secteur privé ;
    o le développement des capacités institutionnelles.

    En collaboration avec les Autorités rwandaises, l'APEFE a choisi d'accompagner l'effort de reconstruction du pays. Elle s'est inscrite dans cette stratégie en s'engageant dans les projets visant :

    o la formation et l'insertion dans le monde du travail des jeunes (13 à 24 ans) qui n'ont pas ou peu de connaissances scolaires et/ou professionnelles ;
    o la formation continue du personnel de santé et plus spécifiquement des infirmières ;
    o le renforcement des institutions tels que les Ministères de l'Education et de la Jeunesse ;
    o le renforcement de la politique de décentralisation.

    Repris depuis 1996, le programme de coopération de l'APEFE a atteint sa vitesse de croisière.
    En 2002, dix coopérants étaient en poste.


  2. Interventions


    EDUCATION

    2.1. Formation professionnelle

    2.1.1. Projet d'Appui au Centres de Formation de la Jeunesse (ACFJ / 5 coopérants)

    Près d'un million de jeunes sont déscolarisés au Rwanda. Le projet "Appui aux Centres de Formation des jeunes" ( ACFJ ), exécuté en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ( MIJESPOC), a pour ambition d'offrir une formation professionnelle courte de qualité à ces jeunes. Les domaines concernés sont : l'agriculture et l'élevage ; la construction et la menuiserie. Ils auront ainsi l'opportunité de pouvoir s'insérer dans le circuit du monde professionnel.

    Cette année, l'intervention s'est située au niveau de :

    o l'appui aux responsables de la planification au sein de la Direction de l'Apprentissage des Métiers, par la mise en place d'une banque de données. Celle-ci est destinée à assurer le suivi du réseau des 36 CFJ du pays et à fournir des recommandations sur la gestion de ces centres ;
    o la formation de formateurs des sections agro-élevage,menuiserie et maçonnerie au sein des trois CFJ spécifiquement appuyés : Gaculiro (Kigali), Nyanza et Rwabuye (Butare) ;
    o la recherche d'activités de production et génératrices de revenus pour ces filières ;
    o la construction d'un atelier de menuiserie (de 1200m2) au CFJ de Nyanza. Les formateurs et les étudiants ont directement été impliqués dans ce chantier école ;
    o la définition des curricula et l'élaboration des supports de cours (leurs validation et homologation seront un des objectifs de la phase II du projet) ;
    o le développement de synergies entre les CFJ et le secteur privé, visant une meilleure intégration des jeunes dans le monde du travail et contribuant à la lutte contre la pauvreté. La plupart des lauréats ainsi formés ont déjà pu s'insérer dans la vie professionnelle.

    Par ailleurs, l'intervention a largement contribué à la mise en place d'un comité de concertation de bailleurs de fonds. C'est une initiative pilote dans le pays. Ce comité, où les représentants du Ministère sont présents, coordonne les activités des différentes coopérations, en fonction de la triangulaire besoin-demande-offre.

    La collaboration avec le Ministère a intégré la nouvelle donne de la décentralisation et a impliqué de manière croissante les mairies qui gèrent désormais la formation des jeunes.

    2.1.2. Programme Prioritaire de Génération d'Emplois ( PPGE / 1 coopérant)

    Ce programme à haute intensité de main-d'œuvre s'attaque à une série de problèmes provoqués par la concentration de la population dans la capitale : le chômage et la paupérisation croissante qui en découlent, le besoin de parvenir à une certaine monétarisation du milieu urbain et l'insuffisance des capacités des infrastructures sociales de Kigali ainsi que leur dégradation. Le projet génère des revenus par la mise au travail des populations bénéficiaires des travaux qui peuvent s'intégrer dans la vie économique grâce au salaire ainsi perçu.

    Le partenaire local est renforcé par l'appui institutionnel au sein des services techniques de la Mairie de la ville de Kigali (MVK). L'assistant technique de l'APEFE ainsi que ses deux homologues gèrent et exécutent le programme financé par le Fonds Européen de Développement (FED) pour un montant de 1.990.000 euros. Même si ce n'est pas un projet spécifique de formation, les travailleurs bénéficiant du projet sont formés à l'utilisation de techniques et d'instruments favorisant leur insertion professionnelle. La majorité de ces travailleurs sont des jeunes, souvent issus de la rue. Le projet s'est clôturé fin 2002. Une nouvelle phase est en préparation pour 2003.

    2.1.3. Formation technique supérieure de gestion (1 coopérant)

    Au Kigali Institute of Science Technology and Management (KIST), une intervention APEFE permet la mise en place d'un centre de formation continue (IST) qui offre et élabore des formations à la carte pour les secteurs publics et privés.

    Le KIST forme des experts techniques dans les domaines de l'environnement, de l'informatique, de la gestion, de l'architecture, de l'électricité et de l'ingénierie mécanique.

    Outre ces sections, le KIST a la vocation d'offrir des filières de formation continue et des cours du soir. Dans cet esprit, cette institution veut développer sa capacité à produire des formations dirigées vers les publics-cibles suivants : les entreprises ( publiques et privées ), les écoles techniques secondaires officielles, les fonctionnaires et les jeunes ne pouvant suivre une formation de plein exercice ou les jeunes sans emploi. C'est dans ce cadre que s'inscrit notre intervention qui vise à appuyer la définition de stratégies de formation et à renforcer les capacités des formateurs de ce centre.

    SANTE

    2.2. Formation du personnel de santé

    Deux interventions ont permis de former des formateurs de sciences infirmières et de renforcer les compétences des encadreurs de stages au sein de deux Ecoles de Sciences Infirmières (ESI), niveau A2. Dans le cadre de ce projet, nous avons également contribué à la révision des curricula et à la rédaction de syllabis utilisés par ces écoles .

    2.2.1 Appui à l'Ecole des Sciences Infirmières de Rwamagana (une coopérante)

    La coopérante, Infirmière A1, titulaire d'une formation en médecine tropicale, assure aux élèves une formation technique axée sur la pratique professionnelle.

    L'action de la coopérante, à l'origine centrée sur la formation initiale des étudiantes, a cédé la place à une démarche de formation théorique, pratique et pédagogique des formatrices. Celle-ci se prolonge par la formation continue du personnel hospitalier. Le processus de recyclage devrait aller de pair avec l'identification d'une relève pour la formation continuée du personnel.

    En collaboration étroite avec les enseignantes de l'ESI, des syllabis ont été élaborés. Ceux-ci, tout en respectant la pédagogie spécifique à ces études et les pratiques médicales universelles, sont adaptés à la réalité locale.

    Parallèlement, cette institution a reçu un appui matériel et une contribution aux stages des infirmières de la part du CGRI, renforçant ainsi l'action de Wallonie-Bruxelles.

    2.2.2. Appui à l'Ecole des Sciences Infirmières de Kabgayi (une coopérante)

    En matière de santé, les ressources humaines accusent une insuffisance à la fois qualitative et quantitative. Actuellement, l'efficacité des services reste réduite en raison de la persistance d'une carence aiguë en personnel qualifié, entraînant un défaut de couverture sanitaire et une faible qualité des soins prodigués.

    Etant donné le déficit en ressources humaines dont souffre l'ESI Ste-Elisabeth, dans un premier temps, l'intervention s'est consacrée à la formation initiale des étudiantes. Cependant, ces activités ont cédé progressivement la place à une démarche de formation théorique, pratique et pédagogique des formatrices. La coopérante participe activement à l'encadrement des stages à l'hôpital de Kabgayi.


  3. Succès


    Les écoles de Rwamagna et de Kapgaye ont été classées respectivement première et deuxième écoles de sciences infirmières A2. La plupart des lauréates ont trouvé un emploi ou sont en train de poursuivre leurs études au niveau de l'enseignement supérieur.

    Les cours élaborés, avec l'aide de la coopérante de Rwamagana, sont en voie de devenir des manuels pilotes qui seront utilisés par toutes les écoles de sciences infirmières du Rwanda.

    Les CFJ soutenus ont vu leur nombre d'inscription monter en flèche. Plus de la moitié des jeunes issus des filières que l'APEFE soutient ont trouvé un emploi. Dans le cadre de l'appui à la filière agro-élevage, plusieurs jeunes se sont groupés pour créer deux mouvements associatifs.

    Les coopérants ont pu apporter leur savoir-faire lors d'investissements dans les CFJ financés par d'autres coopérations. Cela démontre les synergies d'actions et l'esprit de concertation qui existent entre l'APEFE et les différentes coopérations au Rwanda.

    Toutes les interventions fonctionnent, depuis la phase de prospection jusqu'à celle de l'évaluation finale, sur le principe du partenariat : les différents intervenants agissent en synergie afin que les projets évoluent en permanence pour une meilleure efficience et le respect des bénéficiaires.


  4. Coordination


    Un nouveau Coordonnateur APEFE, M.André TOURNEUR, a pris ses fonctions en août.

    L'année 2002 a permis de consolider notre action au Rwanda et de la rendre plus professionnelle. L'objectif était de répondre de manière plus efficiente à la demande de nos partenaires locaux, tout en nous inscrivant dans une stratégie au niveau national et en renforçant l'appui institutionnel.

    L'accent a été mis sur la visibilité des interventions. Les partenaires ainsi que les bénéficiaires ont reçu une information accrue sur les activités de l'APEFE et, plus généralement, de Wallonie-Bruxelles.

    Des réorientations se sont imposées dans la plupart des projets. Elles ont été réalisées grâce à l'expérience acquise et à l'appropriation des recommandations des différentes évaluations.

    Etant donné qu'il n'existe pas de représentation du CGRI au Rwanda, le Coordonnateur APEFE est amené à remplir cette mission. Cela se traduit par la gestion des bourses d'études, l'accueil et le suivi de différentes missions, la représentation de la Communauté Wallonie-Bruxelles.



  5. Evolution


    L'année 2003 sera une nouvelle étape dans les activités de l'APEFE. En effet , plusieurs projets sont en phase de réorientation.

    Le projet d'appui aux Centres de formations des jeunes (CFJ).

    La phase deux de ce projet entrera en action en 2003. Elle consistera en :

    o une généralisation de la formation à tous les formateurs des CFJ officiels pour les filières déjà appuyées. Cette formation sera triple : en pédagogie, en techniques appliquées et en gestion (dans le principe de l'autonomie financière des CFJ) ;
    o un appui spécifique au CFJ de Nyanza, par une réhabilitation des structures et infrastructures ;
    o un suivi personnalisé, par l'intervention d'assistantes sociales, à l'insertion professionnelle des lauréats des CFJ appuyés ;
    o une attention particulière aux unités de production.

    Le projet d'appui aux écoles de sciences infirmières (ESI)

    Dès 2003, ce projet aura pour objectif d'uniformiser la qualité de l'enseignement dans les écoles de sciences infirmières. Cela se fera par une action double : un soutien au Ministère pour l'élaboration de cours et de syllabis techniques pour toutes les écoles et un suivi des stagiaires pour dix écoles d'infirmières.

    Autres projets

    Un nouveau projet verra le jour au début 2003. Il s'agit de l'appui à la relance de l'Ecole agro-vétérinaire (EAVK) de Kabutare (Butare) et ce, en partenariat avec l'ONG belge Vétérinaires Sans Frontières (VSF). Notre intervention se fera à deux niveaux : institutionnel, en renforçant la capacité du MINEDUC à planifier et à suivre les formations dispensées dans les EAV (Ecoles Agro Vétérinaires) ; auprès de l'EAVK, où l'intervention permettra de renforcer la gestion de l'école, de mettre en place de réelles stratégies pédagogiques, d'élaborer des supports didactiques et de favoriser l'insertion professionnelle des diplômés.

    Une collaboration en termes de formation au Centre d'Appui à la Petite et Moyenne Entreprise au Rwanda ( CAPMER ) est en cours d'identification.

    Il en est de même pour un appui à la mise en place d'un Centre Multimédia pour l'Enseignement des Langues : CEMEL au sein de l'Université de Butare.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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