Burkina Faso en 2002 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-03-2006
  1. Situation


    Après les années troublées de 1999 et 2000, le scrutin législatif de mai 2002 est venu compléter le scrutin municipal de septembre 2000 dans la voie d'une organisation équilibrée de la vie politique au Burkina Faso. Ce scrutin a confirmé, en juin de cette année, Ernest Paramanga YONLI comme Premier Ministre à la tête de son deuxième Gouvernement.

    Constatant que le renforcement des équilibres socio-écologiques contribue à la lutte contre la pauvreté et au développement soutenu de la production agro-sylvo-pastorale, les experts sont d'avis que pour assurer un développement humain durable au Burkina Faso, les objectifs de croissance économique doivent absolument être complétés par des objectifs sociaux. C'est dans cet esprit qu'ont été conçus la Lettre d'Intention de Politique de Développement Humain Durable (LIPDHD - 1995) et le Cadre Stratégique de Lutte contre la pauvreté (CSLP - 2000).

    Un groupe élargi d'appui au CSLP a été constitué, incluant les partenaires qui ne pratiquent pas l'aide budgétaire. La mise en œuvre de ce CSLP démontre, à travers sa revue annuelle, que de plus en plus de partenaires au développement évoluent progressivement d'une approche projet vers une approche d'aide sectorielle et vers l'aide budgétaire.

    D'une manière générale, le Burkina Faso a su développer l'élan voulu par "l'initiative PPTE renforcée ", à travers l'élaboration de cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté.

    La démarche qui sous-tend l'élaboration et la mise en œuvre du CSLP s'appuie nécessairement sur les expériences des programmes stratégiques et des plans nationaux. A savoir, le Plan national de Développement sanitaire (PNDS) ; le Plan national multisectoriel de lutte contre le VIH/Sida, le Plan décennal de développement de l'Education de base (PDDEB) ; le Plan d'action pour l'Organisation du secteur agricole (POASA) ; le Plan d'action national pour l'Environnement (PANE), programmes que l'APEFE ambitionne de soutenir dans ses interventions au Burkina Faso.


  2. Interventions


    2.1. Sylviculture : politique de la sylviculture et gestion administrative

    A la Direction de la foresterie villageoise et des Aménagements forestiers (DFVAF) du Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie (MECV), l'intervention de l'APEFE a visé à développer des aides informatiques, sous forme d'applicatifs, en vue de faciliter et de structurer l'aménagement et la gestion des forêts.L'installation des équipements et la formation de personnel des trois bureaux régionaux (Kaya, Bobo-Dioulasso et Koudougou) d'aménagements forestiers dépendants d'un bureau central sont effectives.

    Au cours de la première phase, on a enregistré l'analyse approfondie des fonctionnalités des aides informatiques. Ainsi, un modèle concernant les thèmes "administration, gestion, directives d'aménagement, forêt, unité, parcelle, et enfin composition" a pu être finalisé. Les trois cadres forestiers proposés par l'Administration forestière burkinabè ont été formés aux logiciels SIG (Système d'Information Géographique) et à la programmation d'applicatifs de gestion forestière spécifique aux besoins de cette administration.

    L'année 2002 a également été consacrée à la finalisation de l'applicatif de gestion GestFA et la formation des trois cadres forestiers, à la construction d'une base de données, à la finalisation de l'applicatif permettant l'intégration de points dans une couche graphique à partir des données recueillies au GPS et à la finalisation d'un CD-Rom de formation aux techniques SIG.

    En matière de gestion des ressources forestières, les options du Programme d'action national de lutte contre la désertification (PAN /LCD, 1994) s'articulent autour de la valorisation des ressources naturelles par une exploitation rationnelle, génératrice d'emplois et de revenus en milieu rural. De façon spécifique, les options retenues pour le sous-secteur forêts visent la réduction du déséquilibre entre l'offre et la demande en bois-énergie ; la réhabilitation des forêts dégradées ; l'organisation et l'exploitation de l'espace rural, notamment par une délimitation d'un espace forestier intervillageois, et sa mise en œuvre. L'objectif conjoint de la DFVAF et de l'APEFE a été d' assurer le développement d'une gestion rationnelle et durable des ressources forestières par le renforcement des moyens de mise en œuvre de la politique nationale d'aménagement des forêts. La consolidation des acquis, à travers la formation des personnels des BRAF et la formation des futurs utilisateurs et des développeurs, pourrait donc faire l'objet d'une nouvelle intervention.

    2.2. Protection de l'Environnement : diversité biologique et gestion administrative

    Au terme de sa première phase, en août 2002, l'intervention de l'APEFE au Ranch à gibier de Nazinga (MECV) s'est structurée, en collaboration avec la Direction générale des Eaux et Forêts, tant dans la valorisation des ressources naturelles que dans l'implication des populations locales au développement de modes de gestion raisonnés des ressources naturelles. Plus précisément, l'intervention de l'APEFE s'est construite autour d'actions de formation destinées au personnel technique du Ranch ; de la mise en place d'une gestion des ressources naturelles par Système d'Information Géographique (S.I.G.) ; et de la restauration, l'informatisation et la rétrocession du centre de documentation scientifique du ranch.

    En effet, la Direction des Parcs nationaux, Réserves de faune et de Chasse (DPNRFC) est pour le sous-secteur faune le relais des options du PAN/LCD : promotion et dynamisation des organisations villageoises de gestion de la faune en tenant compte des modes d'organisation traditionnelle; renforcement de la protection des ressources cynégétiques ; renforcement du développement du tourisme de vision et de la chasse sportive. L'évaluation interne de cette intervention, menée par M. Jean-Paul LEDANT, en novembre 2002, a pu mettre en évidence la difficulté de concilier les ambitions de la recherche scientifique et les actions de développement humain durable.Toutefois, l'organisation, dans le courant du premier trimestre 2003, d'un atelier conjoint d'instruction permettra aux parties burkinabè et belge de redéfinir leurs champs privilégiés d'activités.

    2.3. Industries Manufacturières : agro-industries et développement technologique

    Pour les interventions au Département de Technologie alimentaire (DTA) du Centre national de la Recherche scientifique et technologique (CNRST), l'évaluation-identification interne, menée par M. Philippe LEPOIVRE, en février 2002, a confirmé la pertinence des interventions actuelles au DTA et la nécessité de procéder à une instruction GPPI qui, en juin 2002, a défini la professionnalisation de filières agro-alimentaires valorisant des produits forestiers non ligneux comme Objectif général des interventions. En marge de cet atelier d'instruction et en collaboration avec le projet Gomme arabique du Ministère de l'Environnement, une table-ronde sur la promotion de la Gomme arabique a pu être organisée grâce à la présence de nombreux cadres des services déconcentrés des Ministère de l'Agriculture, Ministère de l'Environnement et Ministère des Enseignements.
    Plus concrètement, au Département de Technologie alimentaire, l'intervention de l'APEFE s'est illustrée par des résultats obtenus en matière de formation des opérateurs économiques de la filière gomme arabique mais également par la formulation de nouveaux produits locaux et la formation délocalisée des Techniciens spécialisés en technologie alimentaire (TS-TA) du Ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques (MAHRH).

    Cette intervention a eu pour ambition de favoriser une "intégration verticale", c'est-à-dire qu'elle a pris en compte plusieurs aspects de la filière gomme arabique, à savoir l'implication des groupements de paysans, la production de gomme arabique de qualité (via la certification), l'amélioration génétique de l'Acacia Sénégal et la valorisation économique. L'intervention de l'APEFE a globalement démontré la faisabilité économique et technique des filières "gomme arabique" et "soumbala " au Burkina Faso, filières qu'il s'agit aujourd'hui de consolider.

    Au Département de Mécanisation agricole, l'intervention a visé à renforcer le développement des technologies post-récoltes des céréales et des oléagineux. Elle s'inscrit en soutien au Centre national de la Recherche scientifique et technologique (CNRST).

    Un développement optimal de ces technologies post-récoltes a pour objectif de jouer un rôle primordial dans la relance économique par la production et la mise à disposition de technologies appropriées à une amélioration de la productivité, de la conservation et de la valeur commerciale des produits agricoles. A ce stade de l'intervention, il était indispensable que l'APEFE appuie, dans un premier temps, la rédaction d'un diagnostic des principales spéculations oléagineuses du Burkina Faso (karité, arachide, sésame, coton, anacarde, palme et soja). Ce diagnostic est désormais disponible et orientera les actions à venir.

    2.4. Gouvernement et Société Civile

    Administration gouvernementale et élections

    L'intervention de l'APEFE est reliée à la Commission nationale pour la Décentralisation (CND). Suite à l'organisation d'élections législatives en mai 2002, l'administration gouvernementale a été beaucoup perturbée cette année. Néanmoins, le processus de décentralisation est pérenne au Burkina Faso, notamment parce que la CND, point d'ancrage institutionnel des services en charge de la conception et des orientations de ce processus, a été rattachée au Ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation. La CND sera donc réorientée quant à ses prérogatives d'accompagnement de la décentralisation au Burkina Faso. Cette réorientation définira donc le profil de la prochaine intervention de l'APEFE.

    L'intervention de l'APEFE au sein de la Commission nationale pour la Décentralisation vise à soutenir la mise en place de modes de gestion des affaires publiques dans le cadre de la politique de création des communes. L'intervention de l'APEFE a permis de capitaliser des expériences de gestion des communes urbaines et de les mettre à profit dans la mise en place des instruments d'accompagnement des communes rurales, dont la création est prévue pour 2003. Cette intervention répond à l'ambition de l'APEFE de soutenir la mise en place de structures de formation adéquate à l'attention des acteurs du processus de démocratisation.

    2.5. Liberté de l'information

    Au Département de Journalisme et Communication de l'Unité de formation et de recherche en Langues,Arts et Communication (UFR/LAC) de l'Université de Ouagadougou, l'intervention de l'APEFE, accompagnant le processus de professionnalisation de la formation en communication, a favorisé la mise sur pied de trois filières professionnalisantes : journalisme, communication pour le développement, communication d'entreprise et relations publiques. Plus concrètement, l'intervention a appuyé la mise en place d'un Centre africain de recherche et d'expertise sur les médias et la communication (CERAM). Cela favorise ainsi la création d'une véritable politique de formation en alternance pour les professionnels des métiers de l'information et de la communication au sein du département de Journalisme et Communication.

    En juillet 2002, une évaluation interne de cette intervention menée par M. Benoît GREVISSE a permis de conforter les nouvelles orientations de la collaboration entre l'APEFE et le département de Journalisme et Communication. L'objectif général de l'intervention est de développer les ressources humaines professionnelles dans le monde de l'information et de la communication au Burkina Faso.A cet effet, le CERAM entend justement développer un outil de formation destiné aux professionnels. En vue de valider les pistes identifiées et de s'assurer de la mobilisation des acteurs professionnels, un atelier GPPI sera organisé en février 2003 et s'attelera à prendre en considération tous les aspects liés à la problématique.

    2.6. Santé

    2.6.1. Formation de personnel de santé

    Auprès de l'Unité de formation et de recherche en Sciences de la Santé (UFR/SdS) de l'Université de Ouagadougou, l'intervention de l'APEFE a favorisé le développement d'un pôle de formation pharmaceutique universitaire.

    Après une longue activité dans le domaine de la formation universitaire de base des pharmaciens, l'APEFE a voulu répondre à la volonté du partenaire de développer la formation de pharmaciens spécialisés aux techniques semi-industrielles.

    L'institution universitaire burkinabè, suite aux interventions successives de l'APEFE, à l'appui technique de la CUD et aux formations suivies par des Burkinabè à l'ULB, s'est dotée d'un cadre professionnel capable de former des pharmaciens.Après l'appui à l'organisation de cette formation de base des pharmaciens, l'APEFE a pour ambition de structurer la formation spécialisée et continue aux technologies pharmaceutiques industrielles. Le choix de l'installation d'une salle stérile, dite 41 Burkina Faso aussi "chambre blanche", s'inscrit dans la volonté de former des pharmaciens aux Technologies pharmaceutiques semi-industrielles (TPSI). Par la complexité de son installation, de son fonctionnement, de sa maintenance et du travail précis qu'elle nécessite, la salle stérile, malgré son espace confiné, reprend la plupart des exigences imposées en milieu pharmaceutique industriel. Installée début 2002 sur financement du CIUF/CUD, elle est donc l'outil idéal pour la formation professionnalisante des pharmaciens. Cet outil ne pouvait être valorisé que par du personnel ayant reçu une formation industrielle préalable. C'est donc à cet effet que l'intervention de l'APEFE a appuyé l'installation de cette "chambre blanche", la mise en œuvre des bonnes pratiques de fabrication ainsi que les actions de formation s'y rapportant. En effet, l'initiation à la technologie pharmaceutique passe par l'apprentissage théorique et pratique des bonnes pratiques de fabrication (Good Manufacturing Pratice - GMP), des appareils de fabrication et de mesures utilisées, de la gestion de stock, de l'évaluation de la production. C'est un tout qui rassemble art pharmaceutique, technologie et gestion. Les règles de bonnes pratiques de fabrication sont un des aspects de la technologie pharmaceutique. Elles permettent de contrôler toutes les étapes de la fabrication et de s'assurer de la qualité du produit mis sur le marché. Ces règles comprennent des méthodes de manipulation, des contrôles strictes et réguliers de tous les appareils utilisés. C'est donc à travers la formation aux bonnes pratiques de fabrication que l'APEFE contribue à la professionnalisation des pharmaciens.

    2.6.2. Politique en matière de population, formation de personnel et lutte contre les MST et VIH/sida.

    2.6.2.1. Avec l'Unité d'enseignement et de recherche en démographie (UERD), l'intervention de l'APEFE a rempli l'objectif de renforcer les compétences nationales en matière de population et de contribuer à améliorer la connaissance des interrelations entre population et développement. En effet, la croissance démographique et la pauvreté exercent une forte pression sur les ressources naturelles. Cette situation a pour conséquence une exploitation abusive des ressources naturelles qui tend à compromettre la durabilité des actions de développement.

    Ainsi, cette intervention a répondu à l'ambition de l'APEFE de soutenir le renforcement de l'UERD dans ses actions de formation continue et de capitalisation d'expériences à l'attention des structures administratives chargées d'étudier et de coordonner les actions transversales en matière de population.

    La cessation définitive de l'intervention de longue durée est effective depuis le 31 août 2002. Néanmoins, l'intervention perdure à travers des formations de 3e cycle pour des chercheurs en démographie, des collaborations scientifiques SUD-SUD entre l'UERD et le Centre de Formation et de Recherche en matière de Population (CEFROD) de l'Université d'Abomey-Calavi au Bénin.

    2.6.2.2. Au Centre Muraz de Bobo-Dioulasso, l'intervention de l'APEFE a favorisé le développement d'une structure de formation en sciences de l'Homme appliquées au développement et à l'évaluation des interventions. Le groupe SHADEI se donne pour mission d'aider les associations communautaires à prendre des décisions critiques face aux risques sanitaires et aux initiatives dont ils doivent être les bénéficiaires. Sa philosophie d'action est fondée sur la participation des communautés concernées à toutes les phases du processus de décision au cours duquel les chercheurs de SHADEI ont fonction d'analystes et de catalyseurs de l'action. La cellule SHADEI est constituée en bureau d'étude compétent dans les domaines de l'analyse de situation et de la planification stratégique ainsi que pour l'évaluation des processus de mise en œuvre et de l'impact d'essais communautaires. Le personnel et les partenaires du SHADEI sont particulièrement qualifiés pour aborder les logiques culturelles qui accompagnent et influencent les ajustements communautaires aux changements sociaux, économiques, culturels et écologiques. SHADEI est un partenaire du Belgian Center for African Studies situé à Bruxelles (ULB/VUB), du réseau pour le développement des réponses locales de l'ONUSIDA, de l'Association pour le changement social et l'Anthropologie du Développement (APAD).

    Cette structure suscite, au sein du Ministère burkinabè de la Santé et plus spécifiquement au sein du Centre MURAZ, une nouvelle approche au niveau des réformes du système de santé. Une systématisation de l'analyse interdisciplinaire des stratégies de prévention et de prise en charge du VIH, du paludisme, de la tuberculose et des MST au Burkina Faso atteste d'une intégration et d'une reconnaissance de cette approche au sein des structures sanitaires burkinabè. Désormais, la thématique Sciences humaines est au cœur des préoccupations du Centre MURAZ qui a favorisé l'installation du Groupe SHADEI dans des bâtiments autonomes.

    Des ateliers de restitution relatifs aux travaux en cours ont été organisés sur les sites de Karanguasso-Vigué et de Gaoua selon la méthode participative propre à SHADEI.

    2.7. Education : enseignement supérieur et formation technique supérieure de gestion.

    2.7.1. Pour l'intervention APEFE reliée au projet Développement et Education des Adultes (DEDA) de l'Université de Ouagadougou, l'objectif général est de renforcer les compétences des acteurs de développement en vue de professionnaliser leur activité de formateurs de formateurs.

    La première rentrée académique de DEDA ayant eu lieu en décembre 2001, les activités de l'année 2002 ont avant tout permis à l'intervention de l'APEFE d'opérationnaliser la mise en œuvre du programme de formation. La tenue d'un atelier GPPI, en juillet 2002, sur la problématique de la "non-prise en compte, par l'enseignement universitaire, de l'éducation des adultes et de ses spécificités", a été facilitée par le bon fonctionnement du Comité technique de suivi (CTS DEDA) et par la tenue préalable d'un séminaire-atelier sur les rapports entre professionnalisation et emploi, organisé par la Vice-présidence de l'Université de Ouagadougou chargée de la Professionnalisation et des Relations Université-Entreprises.

    A côté du programme de formation Développement et Education des adultes (DEDA), l'intervention de l'APEFE vise un renforcement des structures du monde associatif et des organisations non-gouvernementales en matière de formation des adultes. C'est dans le cadre de l'amélioration de l'accès à la formation, de la réduction des inégalités sociales et de l'amélioration des conditions socio-économiques par la participation active des communautés au processus de développement durable que s'inscrit le projet.

    Impliquant des structures de formation et des stagiaires du Bénin, du Togo, du Mali et du Niger, ce projet est novateur, car il vise à susciter plus durablement une pratique de réflexion quant à la mise sur pied et la gestion de projets de formation de formateurs.

    2.7.2. L'intervention à l'Institut universitaire de Technologies (IUT) de l'Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) dans le domaine de la formation technique supérieure a trouvé son point d'aboutissement à travers la mise à disposition pérenne d'une formation continue en génie électrique, génie mécanique, maintenance industrielle et entreprenariat industriel. A travers cette intervention, l'APEFE a contribué à l'amélioration de l'adéquation entre emploi et formation dans le domaine technique et a renforcé les capacités de l'IUT à répondre aux besoins en formation exprimés par les entreprises locales.Toutefois, la fin des activités de l'intervention longue durée est effective depuis le 31 août 2002. L'IUT a approché la coordination locale de l'APEFE en vue de réfléchir sur la mise en place d'une structure élargie de formation continue destinée aux personnels des entreprises.

    Suite à l'échec d'une mission de programmation en avril 2002, le CIUF/CUD a reporté ses activités de Coopération universitaire institutionnelle avec l'Université de Ouagadougou sur la période 2004-2007.

    Culture

    En ce qui concerne l'intervention à la Direction de la Cinématographie nationale (DCN) du Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT), l'année 2002 a permis le véritable démarrage du cycle de spécialisation, complément du cycle de stages. L'articulation de ces 2 cycles favorise le renforcement de la formation professionnelle aux métiers de l'Image et du Son. Pour le Programme de relance de la formation aux Métiers de l'Image et du Son (PROFIS), l'intervention de l'APEFE a soutenu la réalisation de 15 modules de formation visitant les différents métiers classiques du cinéma et de l'audiovisuel.L'objectif général d'assurer une meilleure adéquation formation/emploi dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel devrait permettre à l'intervention de consolider les acquis de la formation continue et de valider une structure de formation initiale.A ce stade, une nouvelle instruction devrait être finalisée dans un atelier GPPI organisé en marge de la 18e édition du FESPACO, en février 2003, sur la problématique de "la formation aux métiers de l'Image et du Son en Afrique de l'Ouest".

    Le débouché important que représente l'industrie cinématographique au Burkina Faso, la conception planifiée du projet et la participation massive des professionnels des métiers de l'Image et du Son a convaincu le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme de permettre au PROFIS de mettre en oeuvre un nouveau cycle de formation. Il ambitionne d'offrir aux agents des Ministères techniques et aux jeunes techniciens les moyens de se former professionnellement aux métiers du cinéma et de l'audiovisuel en Afrique subsaharienne. Cette intervention répond à l'ambition de l'APEFE de soutenir la mise en place de structures de formation en alternance à l'attention des professionnels. En complément d'un soutien d'AFRICALIA, le programme indicatif de la Commission mixte entre le Burkina Faso et le Royaume de Belgique fait mention d'un Projet de sensibilisation par des moyens audiovisuels, projet qui susciterait des synergies avec cette intervention de l'APEFE


  3. Succès
    a. Programme de formation DEDA

    Au Burkina Faso, au sein de l'Université de Ouagadougou, un séminaire organisé à l'université du 8 au 10 septembre 1998 sur le thème "L'université de Ouagadougou au 21ème siècle : à la recherche de l'efficacité et de la performance" a mis en évidence la nécessité de viser une meilleure flexibilité dans ses programmes de formation pour éviter les régressions ou stagnations face à la mondialisation ainsi qu'une plus grande ouverture de l'université sur le monde du travail.

    Enfin, du 19 au 23 mars 1999, un séminaire sur le thème "Éducation des adultes et développement" organisé à l'université de Ouagadougou par l'APEFE, le CGRI et la CUD, a mis en évidence les carences et les besoins dans ce secteur mais aussi le souci d'intégrer au monde universitaire les réalités socio-économiques du pays et les contributions fondamentales que l'éducation des adultes peut fournir au développement du Burkina Faso. Si l'importance du capital humain dans le développement n'est plus à démontrer, l'absence de structure de formation de formateurs provenant d'horizons socio-professionnels variés représente un frein à la volonté des pays d'Afrique subsaharienne et de l'Etat burkinabé à former les adultes au développement durable.

    Par sa prise en considération d'acteurs de champs socio-professionnels variés1 , le projet DEDA s'est inscrit dans le contexte institutionnel de l'université de Ouagadougou et cela, en relation avec les enjeux du développement et donc de la réduction de la pauvreté. Avec une visée sous-régionale, ce programme novateur de formation de formateurs d'adultes instaure en son sein un processus de qualité qui devrait permettre un renforcement de la relation université / acteurs de développement pour la professionnalisation.

    Rompant avec la culture traditionnelle de l'université à la fois au niveau du public et de la pédagogie, l'enjeu du programme de formation DEDA est, pour les 33 étudiants de la première session qui sortiront en juillet 2003, de viser le développement de l'ensemble de la société en faisant de la connaissance un outil d'action. Bien comprendre les enjeux de société pour mieux la transformer pourrait être la devise du programme DEDA.

    b. Création, suivi et valorisation par la formation et la recherche d'un laboratoire de terrain d'analyses des eaux Deux stages de remise à niveau de techniciens supérieurs burkinabé ont été réalisés en 1999 et 2001 au Ministère burkinabè de l'Environnement avec le soutien de la Région wallonne. Le stage 1999 traitait de la problématique du diagnostic et du traitement des eaux usées domestiques et agricoles. Le stage 2001 s'est intéressé à la problématique des eaux usées domestiques et industrielles.

    Le partenaire était la Direction Générale de la Préservation de l'Environnement (DGPE), dépendant du Ministère burkinabé de l'Environnement et de l'Eau (partenaire institutionnel). Les actions de ce Ministère ont été depuis relayées par le Ministère burkinabé de l'Environnement et du Cadre de Vie ; le CREPA à Ouagadougou (partenaire technique) et la Fondation Universitaire Luxembourgeoise, coordonnatrice des stages.

    La réalisation des stages au Burkina a généré la mise en œuvre d'une intervention de l'APEFE dans le domaine de la Distribution d'eau et de l'Assainissement.

    Le projet "Création, suivi et valorisation par la formation et la recherche d'un laboratoire de terrain d'analyses des eaux au Burkina Faso" démarre sur la base d'une collaboration associant des partenaires institutionnels et techniques burkinabé, des partenaires scientifiques wallons et de l'appui simultané de l'APEFE et de la Région wallonne.

    Au lendemain de l'organisation des stages, il a été dressé le constat suivant : le manque d'infrastructures de terrain pour l'analyse des eaux est quasi total au Burkina Faso ; les cas de pollutions d'origine humaine et industrielle se multiplient mais rien ne permet d'en diagnostiquer la nature et encore moins de proposer des solutions ; la demande de techniciens de laboratoire est réelle ; enfin, les normes de qualité des eaux de surface et souterraines et celles destinées aux usages des eaux sont inadaptées car le plus souvent copiées sur celles adoptées en Europe.

    Les stages de recyclage intensif s'adressaient au départ à un public de techniciens supérieurs, déjà dans la fonction et désirant parfaire leurs connaissances ou se recycler. Cette catégorie professionnelle de techniciens a peu l'occasion de compléter ses connaissances théoriques et pratiques. Ce sont eux cependant qui sont le plus confrontés aux réalités du terrain et qui doivent être à même de poser un diagnostic qualitatif valable. Ainsi, les stages de recyclage intensif avaient pour objectif principal de sensibiliser les auditeurs à la problématique de la gestion qualitative des eaux et de fournir une base théorique d'information. L'autre objectif des stages étaient d'apporter aux participants une formation complémentaire et de leur proposer des méthodologies et techniques d'approche des problèmes de qualité des eaux qui leur permettent de poser un diagnostic valable. Les stages ont eu un caractère pratique, grâce à l'articulation entre la théorie et des exemples concrets choisis sur le terrain.

    Pour le second stage, le CEBEDEAU (Centre Belge d'Etudes et de Documentation des Eaux) a été étroitement associé à sa réalisation de même que le Centre Muraz qui, à Bobo-Dioulasso, a apporté un important concours à la réalisation du volet "eaux usées domestiques".

    C'est le relais de cette amorce qu'entend prendre en charge l'intervention de l'APEFE, qui devrait être logée à la Direction générale de l'Amélioration du Cadre de vie et au siège du CREPA.



    (1)Agriculture, santé, hydraulique, éducation, alphabétisation, action sociale,…


  4. Coordination


    M. Fabrice SPRIMONT, assisté de Mme Fatima COULIBALY et de M.M.Anselme SAWADOGO et Adama OUERNI, assure la coordination de la mission.

    En règle générale, les procédures de programmation des interventions de l'APEFE ont été progressivement mises en place à partir de septembre 2001, avec un accompagnement " pédagogique " réalisé par le Coordonnateur auprès des coopérants et des partenaires. Courant 2003, toutes les interventions en cours devraient respecter ces procédures.

    Le renforcement croissant du matériel logistique du Bureau APEFE - notamment avec l'acquisition d'un véhicule de service, d'unités informatiques en nombre suffisant et de matériel de photocopie performant - va permettre au Coordonnateur et à ses collaborateurs d'intensifier le suivi des interventions en cours et d'assurer une véritable stratégie d'identification-instruction conformément aux options du Plan quinquennal de l'APEFE pour 2003-2007.

    A propos des procédures de cogestion et de concertation, certains de nos partenaires burkinabè n'ont pas manqué de faire remarquer que la formule de programmation et de suivi des interventions, proposée par l'APEFE, est une démarche structurante dans leur propre champ institutionnel.

    La coordination locale est impliquée à tous les niveaux du déroulement d'une intervention. Un contact permanent est assuré avec les coopérants, notamment par des visites régulières au sein des institutions partenaires.

    Le travail spécifique du Coordonnateur s'est focalisé autour de l'organisation d'une gestion participative et planifiée des interventions.

    Cette entreprise de large concertation s'est concrétisée au sein des interventions comme au sein des missions d'experts, avec comme premier objectif d'appréhender les préoccupations des partenaires burkinabè.

    L'accueil de plusieurs délégations a renforcé les manifestations d'intérêt portées aux interventions de l'APEFE au Burkina Faso. Une mission du Ministre wallon de l'Agriculture et de la Ruralité, du 19 au 24 janvier, a permis de faire l'évaluation des interventions relatives à la gestion et à la valorisation des ressources naturelles, notamment en se positionnant dans l'élaboration de la stratégie nationale de conservation de l'éléphant. Une mission du Bureau International de la Jeunesse, du 28 janvier au 4 février, (présence d'un représentant de la fédération des Maisons de Jeunes et d'un représentant du Conseil de la Jeunesse), suivie de la réunion du Bureau de la CONFEJES, du 24 février au 3 mars, ont souligné l'importance de soutenir le secteur de la Jeunesse, principalement en regard du problème de non-emploi, à l'égard duquel une restructuration de la formation professionnelle et technique doit rapidement se mettre en œuvre.

    La réunion de préparation des "Etats généraux de l'Enseignement du Français en Afrique francophone ", du 19 au 22 mars, avait l'ambition de permettre le dialogue entre tous les professionnels chargés de l'éducation en français et de concevoir de nouvelles stratégies pour l'apprentissage du français et des langues africaines. Une mission du Ministre de la Communauté Wallonie-Bruxelles de l'Enseignement secondaire et de l'Enseignement spécial, du 17 au 22 novembre, dans le cadre de la tenue de la 50e session de la CONFEMEN, a permis de conforter la volonté de l'APEFE de s'impliquer dans le renforcement des stratégies d'adéquation des profils de formation au marché de l'emploi.

    Ce travail de visibilité et de marque d'intérêt a été rendu crédible par une forte présence d'experts et de partenaires institutionnels rattachés au suivi et à l'instruction d'interventions.

    A savoir :

    la mission du professeur Philippe THONART, du 4 au 11 février, en vue d'accompagner l'intervention de l'APEFE au Département de Technologie alimentaire (DTA), mais également pour entamer une réflexion sur le projet de la gestion des déchets ménagers.

    La présence des professeurs Yves WINTQUIN et Marc LITS, du 16 au 23 février, au Département de Journalisme et Communication de l'Université de Ouagadougou qui a favorisé la réorientation et la mise en place des outils de gestion de l'intervention de l'APEFE en faveur des métiers de la presse.

    Mi-mars, la société Applic'air a envoyé une équipe chargée d'installer la chambre stérile à l'Université de Ouagadougou. Parallèlement, M. Dominique MERTENS et Mme Brigitte EVRARD ont effectué une mission pour s'assurer de la fonctionnalité optimale de cette chambre stérile susceptible d'appuyer la formation des pharmaciens aux technologies semi-industrielles.

    Du 17 au 24 mars, la mission de M. Pascal LEDROIT a permis de préciser les modalités de formulation du programme d'hydraulique villageoise.

    La mission de M. Mathias LARDINOIS, du 25 mai au 1er juin, a permis de préciser le contexte d'une intervention dans la gestion des déchets ménagers et de préparer la tenue d'un séminaire en novembre sur la question.

    Du 23 septembre au 3 octobre, M.M. Marc TOTTE et Mamadou GOITA ont réalisé une mission d'évaluation pour le CONAGESE. Cette évaluation a permis à l'APEFE de mieux situer les enjeux de sa future intervention dans le domaine du renforcement des capacités du secteur privé en matière d'information environnementale.

    Du 26 octobre au 8 novembre, une mission de M. Xavier COGELS a permis de finaliser l'instruction relative à l'intervention de l'APEFE dans le domaine du traitement des eaux usées.

    Du 19 au 26 novembre, la présence de M. Jacques DUBOIS a permis de redéfinir les enjeux et la distribution des rôles dans la formation pharmaceutique semi-industrielle.

    Du 5 au 12 décembre, enfin, la mission de M. Michel BONAMI, dans le cadre du programme de formation DEDA et de la conférence sur "les innovations pédagogiques", a permis de renforcer l'expertise du projet en la matière.

    Plus concrètement, les missions de la coordination au Burkina Faso se sont déployées, d'une part, en début d'année, sur un suivi des identifications-appréciations et d'autre part, sur l'élaboration de dossiers d'instruction dans la seconde partie de 2002.

    En complément de la mission de suivi des interventions par le Responsable géographique, du 04 au 15 février, les moyens permettant ce déploiement ont été de deux ordres.A savoir :

    1. Trois évaluations internes : l'évaluation des interventions de l'APEFE au Département de Technologie alimentaire du CNRST par M. Philippe LEPOIVRE, du 21 février au 1er mars ; l'évaluation de l'intervention au Département de Journalisme et Communication de l'Université de Ouagadougou, du 4 au 18 juillet, par M. Benoît GREVISSE, et l'évaluation de l'intervention au Ranch à gibier de Nazinga, du 4 au 14 novembre, par M. Jean-Paul LEDANT ;

    2. la tenue de trois ateliers GPPI : le premier sur la problématique de la Formation professionnelle et technique, en la présence notamment de M.M. Luc AMEYE, Responsable de la Programmation, Roland DOUHARD, Responsable géographique pour l'Afrique de l'Ouest, Francis DEPREZ, Philippe DUPREZ, pour ces deux derniers, respectivement Coordonnateurs au Bénin et en République Démocratique du Congo ; le deuxième, sur la problématique de la valorisation des filières agro-alimentaires, avec en marge, l'organisation d'une table-ronde sur la Gomme arabique; le troisième a pris en compte la problématique de l'éducation des adultes dans l'enseignement supérieur, en parallèle avec la tenue d'un séminaire sur le thème "professionnalisation et emploi" à l'Université de Ouagadougou et la mise en place de la concertation université - monde de l'entreprise dès novembre 2002.

    Comme la plupart des interventions de l'APEFE au Burkina Faso, ces ateliers de gestion participative et planifiée ont largement contribué à la tenue, du 17 au 19 juillet, de la deuxième Session des Travaux2 de la Commission mixte paritaire de coopération Burkina Faso - Communauté Wallonie- Bruxelles-Région wallonne.

    Une forte présence de l'expertise est accompagnée au quotidien du suivi des interventions par la tenue d'une concertation récurrente : les Comités d'Orientation, de Suivi et de Contrôle (COSC) de la DGCD ; les réunions trimestrielles de la mission APEFE ; les réunions mensuelles de la coordination européenne, organisées par la Délégation de la Commission européenne, les réunions mensuelles de coordination de la coopération belge, organisées par l'Ambassade. Dans le même élan, le Bureau local de l'APEFE participe au Cadre de Concertation sur l'Enseignement technique et la Formation professionnelle (CCETFP) et pourrait prochainement prendre la responsabilité de la concertation sur la mise en œuvre de la Convention internationale de lutte contre la Désertification (CCD). (2)L'APEFE est un des opérateurs pour 15 des 23 projets retenus dans le programme de travail bilatéral CFWB-RW / Burkina Faso pour les années 2002-2004. Dans ces quinze projets, neuf sont du ressort des domaines de l'environnement, de l'agriculture et du développement des petites et moyennes agro-industries.

    A l'initiative de l'Ambassade de Belgique, une rencontre des coopérants belges au Burkina Faso a été organisée le 4 octobre.Arrivé au Burkina en mai, M. l'Ambassadeur JANSEN souhaitait réunir tous les coopérants belges de l'aide bilatérale directe et indirecte, de manière à renforcer les contacts et à développer les synergies. A cet égard, il faut souligner le climat de confiance réciproque qui règne entre les représentants belges en poste à Ouagadougou dans les domaines des relations internationales et de la coopération.



  5. Evolution


    Dans la perspective du Plan quinquennal présenté à la DGCD par l'APEFE fin 2002, les secteurs prioritaires suivants ont été identifiés pour le Burkina Faso : la distribution d'eau et l'assainissement, la protection de l'environnement et les industries manufacturières.

    Le Burkina Faso a adopté une approche qui fait de la gestion des ressources naturelles un des axes de la stratégie de réduction de la pauvreté, axe repris dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP).

    Le choix des secteurs prioritaires pour les interventions de l'APEFE au Burkina Faso est indissociable de la stratégie développée dans la Déclaration de politique de développement agricole durable (DPDAD/1997) élaborée dans le cadre du Programme d'Ajustement structurel pour le Secteur agricole (PASA).

    Dans ce sens, le Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie (MECV), à travers ses Directions générales des Eaux et forêts, de l'Environnement et de l'Amélioration du Cadre de vie, est devenu une institution centrale concernant les priorités de l'APEFE au Burkina Faso.

    L'Institut de l'Environnement et des Recherches agricoles (INERA) et l'Institut de Recherche en Sciences appliquées et en Technologies (IRSAT), du Centre national de Recherche scientifique et technologique (CNRST), permettent à l'APEFE d'appuyer ses interventions au sein du Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie.

    Développement rural et processus de décentralisation allant de pair, le Ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) et le Ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques (MAHRH) sont ainsi au cœur de la lutte contre la pauvreté au Burkina Faso. De même que le Centre régional pour l'Eau potable et l'Assainissement (CREPA) qui, présent dans quatorze pays de l'Afrique occidentale et centrale, est également un partenaire privilégié de l'APEFE dans le domaine de la préservation de l'environnement et des ressources vitales.

    En termes d'interventions, nous pouvons tenir pour acquis qu'une intervention dans le secteur de la Politique des ressources en eau pourra démarrer au premier trimestre 2003, en collaboration avec la Direction générale de la Préservation de l'Environnement du Ministère de l'Environnement et de l'Eau et du Centre régional pour l'Eau potable et l'Assainissement. L'objectif global de la politique en matière d'eau est de contribuer au développement durable en apportant des solutions appropriées aux problèmes liés à l'eau afin que celui-ci ne devienne pas un facteur limitant du développement socio-économique. Il s'agit de favoriser l'émergence d'une expertise nationale capable de concevoir et exploiter les dispositifs d'observation de la ressource et de son exploitation.Ainsi, l'équipement et la gestion d'un petit laboratoire partiellement mobile d'analyses chimiques et microbiologiques des eaux permettra un diagnostic rapide et "in situ" des pollutions d'eaux domestiques, industrielles et agricoles. Le projet assurera également la formation de personnel technique pour la gestion du laboratoire et l'interprétation des résultats d'analyses. Cette intervention sera renforcée, en 2003, par la tenue de stages professionnels sur les Eaux usées industrielles et la protection des nappes et, en 2004, sur les "contrats de rivières" et les outils de gestion de l'eau (SIG).

    En ce qui concerne la Politique de l'environnement et la diversité biologique, l'organisation, début 2003, d'un atelier participatif permettra à l'administration burkinabè des Eaux et Forêts de définir, conjointement avec l'APEFE et la Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux, les modalités de mise en œuvre, au sein du Ranch à gibier de Nazinga, d'un véritable pôle d'excellence et de formation à la gestion durable des ressources naturelles.

    Les travaux de la Commission mixte paritaire de coopération Communauté Wallonie-Bruxelles-Région wallonne- Burkina Faso, en juillet 2002, ont retenu comme priorités d'avenir :

    l'écotourisme, dans une double dimension: d'une part, l'amélioration de l'offre à destination des touristes vers un tourisme plus écologique, d'autre part, l'implication des populations riveraines dans la gestion raisonnées des ressources naturelles ;
    le suivi écologique des populations animales en général et des espèces phares (le buffle, l'éléphant et le waterbuck) en particulier ; l'amélioration des relations entre le ranch et les populations locales.

    Pour ce qui est de l'Education et de la formation environnementales, le Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, accordant beaucoup d'importance à la consolidation d'une information environnementale soutenant l'engagement du secteur privé, a souhaité, en collaboration avec le Conseil national pour l'Environnement et le Développement durable (CONEDD, ex-CONAGESE), qu'une nouvelle intervention puisse participer au renforcement des capacités en matière d'environnement du secteur privé et des réseaux de documentation.

    L'objectif général de cette intervention, programmée pour 2003, viserait à renforcer l'information des gestionnaires de l'environnement et des ressources naturelles. En complément de centres de documentation équipés par la DGCD-CTB, l'intervention de l'APEFE aurait pour objectifs spécifiques : la formation des responsables de ces centres, l'organisation du traitement de l'information et la coordination du réseau de ces centres.

    Conscient du caractère incontournable du secteur agricole dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté, le Gouvernement du Burkina Faso a élaboré une Stratégie de croissance durable de l'agriculture et de l'élevage.Ainsi, les industries manufacturières et plus spécifiquement les agro-industries permettront l'amélioration de la qualité des produits nationaux valorisés et l'opérationnalisation d'équipements agricoles performants.Aussi, les interventions de l'APEFE au Département de Technologies alimentaires participent à la lutte contre la désertification et l'exploitation anarchique des ressources naturelles, et permettent de renforcer la structuration des filières agro-alimentaires et la professionnalisation des Petites et moyennes agro-industries.

    Cette action de l'APEFE a été confortée dans le domaine de l'agriculture vivrière par la création d'une société d'économie mixte, la Société de Promotion des Filières agricoles (SOPROFA), dont l'objet est de soutenir l'encadrement des producteurs vivriers et la commercialisation de leurs produits.

    L'APEFE, en favorisant l'approche filière, sera attentive au fait que l'appui à la professionnalisation du secteur agricole passe par une meilleure organisation des acteurs et des marchés, l'amélioration de leurs capacités d'intervention et l'assainissement de l'environnement économique dans lequel ils évoluent.

    Pour le secteur politique de l'éducation et gestion administrative, le DCSLP souligne justement l'importance de la formation professionnelle qui constitue "un élément essentiel pour améliorer la productivité, encourager l'investissement privé et attirer les capitaux étrangers, favoriser le transfert de technologie et l'adaptabilité de la concurrence des entreprises aux changements liés à la mondialisation " .

    S'il y a un sujet qui anime aujourd'hui les discours des milieux africains intéressés par les questions éducatives, c'est incontestablement les actions de formation à conduire en vue d'une bonne liaison entre l'école et l'environnement économique. Le profil actuel de la programmation de la mission APEFE au Burkina Faso laisse apparaître une absence au niveau du secteur prioritaire de la formation professionnelle et technique. Pour combler cette lacune, l'APEFE a organisé, en février 2002, un atelier GPPI sur base du constat que le système national de Formation professionnelle et technique ne produit pas en qualité et en quantité suffisantes et dans les délais raisonnables, les compétences attendues par l'économie nationale.

    C'est pourquoi l'APEFE, afin de consolider les projets à l'exécution, entend inscrire son appui dans le domaine de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, en l'occurrence avec les partenaires de la Direction générale de l'Enseignement secondaire technique et professionnel et avec ceux de la Direction générale de l'Emploi et de la Formation professionnelle.

    Dans la perspective de promouvoir la formation professionnelle et l'apprentissage, il est prévu la création d'un Centre National d'Ingénierie de la Formation Professionnelle, d'un Centre de l'Apprentissage et de la Formation des Formateurs et d'un Centre Polytechnique des Métiers. Ces actions, qui seront menées avec l'aide de nos partenaires au développement, traduisent l'ambition de créer un réseau dense, accessible et performant de structures de formation professionnelle, à même de répondre de façon satisfaisante à la forte demande de qualification des ressources humaines.
Dernière mise à jour : ( 24-05-2006 )
 
 

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